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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Jean-Pierre Bacri est à l’affiche de La vie très privée de Monsieur Sim, le nouveau film de Michel Leclerc, adapté de Jonathan Coe. Une comédie mélancolique qui mêle éclats de rire et réflexion pas si simpliste sur la dépression, la solitude et les occasions manquées.

"La vie très privée de Monsieur Sim", un film de Michel Leclerc

Monsieur Sim n’a aucun intérêt. C’est du moins ce qu’il pense de lui-même. Sa femme l’a quitté, son boulot l’a quitté et lorsqu’il part voir son père au fin fond de l’Italie, celui-ci ne prend même pas le temps de déjeuner avec lui. C'est alors qu'il reçoit une proposition inattendue : traverser la France pour vendre des brosses à dents qui vont "révolutionner l'hygiène bucco-dentaire". Il en profite pour revoir les visages de son enfance, son premier amour, ainsi que sa fille et faire d’étonnantes découvertes qui vont le révéler à lui-même.

 

 

Après le succès de son excellent Le nom des gens, Michel Leclerc avait déçu avec son récit partiellement autobiographique Télé Gaucho. Pour son quatrième long en tant que réalisateur, il adapte, avec sa compagne Baya Kasmi, La vie très privée de Monsieur Sim de Jonathan Coe. Cette tragi-comédie se concentre sur un personnage dépressif, qui pense que toute sa vie est un échec mais qui garde une candeur et une fraîcheur face à la vie. Jean-Pierre Bacri est l’interprète parfait pour ce Monsieur Sim à la fois attachant et terriblement ennuyeux dans sa manière de s’accrocher et de raconter ses « malheurs » à la première personne rencontrée.

 

L’acteur résume d’ailleurs brillamment son personnage : « Cet homme met tout en œuvre pour essayer de trouver de l’intérêt à son existence et un motif valable pour continuer à vivre. Il tente de nouer des liens avec les autres avec force, candeur et espoir. Il est passé à côté de sa vie, mais il ne le sait pas. » Passer à côté de sa vie, telle est la grande fêlure, l’amertume qui traverse le film, jusque dans son dernier rebondissement. Michel Leclerc pointe aussi certaines absurdités de notre monde moderne, comme ces moyens de communication et ces réseaux sociaux qui se multiplient sans pour autant mettre fin à notre solitude, avec de jolies idées – la métaphore du navigateur en solitaire – et d’autres plus maladroites – la « relation » avec la voix du GPS. Mélancolique et même émouvant, le film sait aussi être désopilant, grâce à l’immense talent de Bacri, râleur rêveur en pleine fuite en avant. Michel Leclerc réussit son retour et trouve un ton plus doux-amer, moins potache.

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