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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Alexanda Leclère signe avec Le grand partage son quatrième long-métrage. Comme d’habitude, elle éreinte la bourgeoisie et les lâchetés humaines. Mais cette comédie ratée s’avère particulièrement nauséabonde.

"Le grand partage", un film de Alexandra Leclère

Un hiver pire que jamais. Le gouvernement publie un décret obligeant les citoyens français les mieux logés à accueillir chez eux pendant la vague de froid leurs concitoyens en situation précaire. A l’heure du Grand Partage, un vent de panique s’installe à tous les étages dans un immeuble très chic de la capitale.

 

 

Alexandra Leclère a pris l’habitude de faire cohabiter ceux qui ne sont pas censés le faire, dans son premier succès Les sœurs fâchées notamment. Après la déception Maman, la réalisatrice revient à la grosse comédie avec ce Grand partage dont le point de départ est intéressant. Dans un immeuble bourgeois du 6ème arrondissement, des propriétaires de grands appartements se retrouvent contraints d’héberger des « travailleurs pauvres » le temps d’un hiver inhabituellement rude. Dans cette galerie de personnages, une concierge raciste (pauvre Josiane Balasko…), un célibataire ne supportant plus la solitude, des gros bourgeois et des « bobos » qui votent à gauche mais tiennent à leurs avantages matériels. Avec un « bestiaire » aussi caricatural, le danger est celui de la démagogie et Alexandra Leclère va plonger dedans la tête la première.

 

Passées quelques rares bonnes vannes – toutes présentes dans le bande-annonce, inutile donc de perdre son temps en salles – le film nous présente donc cette bourgeoisie exécrable face à des « travailleurs pauvres ». Première absurdité : le décret exceptionnel exclut de manière incompréhensible les SDF, pourtant aux premières loges de cette vague de froid. Mais passons… Si les bourgeois sont égoïstes et tentent par tous les moyens d’échapper à cette mesure, ils finissent, forcément, par changer et devenir meilleurs devant tant de misère. Mais le mépris de la réalisatrice pour les pauvres est tel que les SDF et les précaires (tous des étrangers, évidemment) sont inexorablement malhonnêtes, sales et fainéants. Par exemple, les Africains parlent fort et foutent le bordel alors que les immigrés des pays de l’Est partent sans laisser de trace après avoir volé l’ordinateur et les bijoux. Le grand partage, au-delà de son absence de drôlerie, est un spectacle abject, plein de mépris et totalement nauséabond. N’est pas capable d’humour noir qui veut. En ces temps de montée de l’extrême-droite, Alexandra Leclère – qui n’a visiblement pas les épaules pour un film politique – se roule dans la fange xénophobe la plus détestable qui soit, sans même s’en rendre compte. Un film à fuir.

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