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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Steven Spielberg retrouve Tom Hanks pour Le pont des espions, un film d’espionnage pas si convenu. La mise en scène classique et intelligente donne un éclairage intéressant sur la Guerre Froide, avec des tractations souterraines aux mains d’ingénus – ou presque. Une réussite.

"Le pont des espions", un film de Steven Spielberg

James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

 

 

Depuis plus de quarante ans, Steven Spielberg a su alterner pur divertissement et grands films politiques. Avec Le pont des espions, il opère une espèce de jonction entre les deux, s’inspirant d’un fait réel authentique du début de la Guerre Froide et proposant néanmoins un divertissement familial plein d’humour et d’humanisme. L’immense talent de Spielberg est de rendre simple en apparence des situations complexes sans pour autant en effacer tous les détours.

 

La séquence d’ouverture est d’anthologie. Sans dialogues et sans musique, pendant près de vingt minutes, Spielberg suit la traque d’un espion russe par le FBI dans le Brooklyn des années 60. Dès la première image, le réalisateur montre Abel, l’espion russe, regardant son reflet dans le miroir et peignant son autoportrait : une double mise en abyme, quoi de mieux pour introduire un agent double… La rencontre avec son avocat commis d’office, pourtant prestigieux, incarné par Tom Hanks, va bouleverser la vie de ce dernier et trancher avec le calme de l’agent soviétique, imperturbable face à son destin. Avec humour, il répond à Tom Hanks, surpris de ne pas le voir s’inquiéter : « ça aiderait ? » C’est un peu la morale de ce film brillant, moins simple qu’il n’y paraît et qui décortique l’air de rien l’opposition entre deux visions du monde, exaltant évidemment le mode de vie américain mais tout en évoquant aisément les tractations des magistrats US pour déroger à la sacro-sainte Constitution. Certains taxeront Spielberg de naïf, mais n’a-t-il pas, tout au long de sa filmographie, développé un regard propre à l’enfance devant l’horreur du monde… oserait-on dire le monde « des adultes » ?

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