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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Reparti bredouille de la compétition cannoise, Marguerite et Julien, le nouveau film de Valérie Donzelli et dans lequel elle ne joue pas cette fois, reprend un scénario jamais tourné par François Truffaut. Sous l’influence de la Nouvelle Vague, un lyrisme et une liberté de ton se dégagent de ce film parfois maladroit mais toujours inventif.

"Marguerite et Julien", un film de Valérie Donzelli

Julien et Marguerite de Ravalet, fils et fille du seigneur de Tourlaville, s’aiment d’un amour tendre depuis leur enfance. Mais en grandissant, leur tendresse se mue en passion dévorante. Leur aventure scandalise la société qui les pourchasse. Incapables de résister à leurs sentiments, ils doivent fuir…

 

 

Valérie Donzelli est une réalisatrice plutôt atypique. Ces quatre longs-métrages, écrit avec son comparse Jérémie Elkaïm, ne se ressemblent pas vraiment et partagent pourtant ce goût du danger, ces idées saugrenues, cette cinéphilie truffaldienne et cette ingénuité pop flamboyante. De La Reine des Pommes à Main dans la main en passant par son grand succès – inattendu – La guerre est déclarée, la réalisatrice a su creuser un sillon singulier. Avec Marguerite et Julien, elle adapte un scénario écrit en 1973 pour François Truffaut par Jean Gruault – qui tient ici un petit rôle, son dernier avant de décéder en juin 2015 – et que le maître de la Nouvelle Vague ne tourna jamais.

 

Loin de tout réalisme, le film se situe dans un passé indéfinissable (les vrais personnages ont vécu au XVIème siècle), mêlant les anachronismes (un roi de France, des hélicoptères, une voiture américaine, des calèches…) et les références cinématographiques les plus variées, de Truffaut bien sûr (la voix off, les transitions, le ton), mais aussi Demy ou David Lean. Donzelli a l’intelligence de ne pas seulement placer l’inceste au centre du film mais d’universaliser son propos en montrant une histoire d’amour interdite et deux amants pourchassés par la société et le clergé. Ce quatrième long-métrage est porté par un casting exceptionnel : Anaïs « Huppert » Demoustier bien sûr mais aussi un Jérémie Elkaïm bouleversant et des seconds rôles épatants, Aurélia Petit, Bastien Bouillon (déjà dans les deux précédents films de Donzelli mais aussi dans Le beau monde, jolie surprise de 2014) ou Catherine Mouchet, toujours parfaite. Avec énergie, le film fonce tête baissée comme les amants en fuite et offre de jolies trouvailles formelles (un roman-photo revisité, des faux arrêts sur image…) malgré quelques écueils, notamment en ce qui concerne la sexualité pas toujours bien représentée. Valérie Donzelli signe un film singulier, rafraîchissant et profondément pop.

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