Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Nicolas Saada s’inspire d’une actualité brûlante avec Taj Mahal, un récit original autour des attentats meurtriers de Bombay en 2008. En huis-clos, le film donne un visage à la peur, celui de Stacy Martin, remarquable.

"Taj Mahal", un film de Nicolas Saada

Louise a dix-huit ans lorsque son père doit partir à Bombay pour son travail. En attendant d’emménager dans une maison, la famille est d’abord logée dans une suite du Taj Mahal Palace. Un soir, pendant que ses parents dînent en ville, Louise, restée seule dans sa chambre, entend des bruits étranges dans les couloirs de l’hôtel. Elle comprend au bout de quelques minutes qu’il s’agit d’une attaque terroriste. Unique lien avec l’extérieur, son téléphone lui permet de rester en contact avec son père qui tente désespérément de la rejoindre dans la ville plongée dans le chaos.

 

 

En novembre 2008, l’horreur a frappé Bombay. La ville indienne a été la cible de plusieurs attentats terroristes simultanés, notamment dans l’hôtel international Taj Mahal où les assaillants ont pris des otages quand d’autres clients sont restés prisonniers de l’hôtel en feu plus de deux jours. Ex-critique aux Cahiers du Cinéma, Nicolas Saada s’est emparé de ce drame après avoir écouté le récit d’une rescapée. D’une grande pudeur, le film confine l’assaut terroriste dans le hors champ et se concentre sur la peur d’une jeune fille prisonnière de sa chambre entourée par le danger.

 

Le film sort dans un contexte particulier, moins de trois semaines après les attentats de Paris du 13 novembre. Au lieu de rebuter, cette coïncidence tragique donne un relief supplémentaire au film de Saada qui choisit de placer les terroristes hors champ, l’attaque en elle-même étant représentée par le son – dans un travail remarquable d’ailleurs. Stacy Martin (révélée par Lars von Trier dans Nymphomaniac) porte ce huis-clos, un survival movie assez original et rare dans la production française. Sur le visage si gainsbourien de l’actrice se lit la peur de mourir pour une absurdité, une cause que l’on ne peut entendre et le film dit avec une jolie économie de moyens ce que le terrorisme engendre, une tétanie qui ne quitte plus les victimes. La dernière partie du film évoque ce deuil infaisable, ce retour impossible à la normale quand le terrorisme a changé votre perception de la vie à jamais. Malgré quelques moments plus faibles (les longs passages avec les parents sous le choc), Nicolas Saada signe un film intéressant sur l’effroi que le terrorisme sème dans nos cœurs.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog