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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Andrew Haigh signe un drame déroutant et cruel avec 45 ans, qui réunit deux immenses acteurs, Charlotte Rampling et Tom Courtenay, tous deux récompensés au Festival de Berlin. Une immense réussite.

"45 ans", un film de Andrew Haigh

Kate et Geoff Mercer sont sur le point d’organiser une grande fête pour leur 45e anniversaire de mariage. Pendant ces préparatifs, Geoff reçoit une nouvelle : le corps de Katya, son premier grand amour, disparu 50 ans auparavant dans les glaces des Alpes, vient d’être retrouvé. Cette nouvelle va alors bouleverser le couple et modifier doucement le regard que Kate porte sur son mari…

 

 

Après le très joli Weekend, Andrew Haigh réunit deux stars anglaises, les mythiques Charlotte Rampling et Tom Courtenay, tous deux récompensés d’un Ours d’argent à la Berlinale 2015. Ce nouveau film, 45 ans, est l’adaptation libre de la nouvelle In another country de David Constantine. Un couple apparemment parfaitement uni va vaciller à quelques jours de fêter son 45ème anniversaire de mariage suite à la découverte du cadavre du premier amour du mari, une jeune femme disparue depuis cinquante ans. Sur une semaine, chapitrée de lundi à samedi, le film suit la progression d’un venin insidieux qui va se répandre dans l’esprit de Kate.

 

Ce qui est très beau dans le film d’Andrew Haigh, c’est sa délicatesse, la manière infiniment douce qu’il a d’ausculter ce vieux couple pourtant encore plein de fougue. Mais nous ne sommes pas ici dans l’observation pépère de la fin de vie, bien au contraire. Quand Geoff annonce à Kate que le corps de son premier amour a été retrouvé, le coup de poignard est le même que s’il l’avait trompée la veille. Et quand elle lui demande s’il aurait épousée cette jeune femme si elle n’était pas morte, il répond « oui » sans ciller. Pour Kate, le sol se dérobe alors sous ses pieds, comme si ce fantôme au prénom voisin venait désormais jeter une ombre, semer un doute. N’a-t-elle été qu’une doublure, une remplaçante, pendant 45 ans ? Un simple événement vient déclencher un séisme qui remet en cause une vie entière. Ce trouble, cette colère aussi, Charlotte Rampling les incarne merveilleusement, avec son visage parfaitement expressif, son regard pénétrant et sa beauté hiératique. Le scénario, implacable et cruel, est servi par une mise en scène somptueuse, souvent en plans-séquences parfaitement maîtrisés, jusqu’à une séquence finale à la dernière image déroutante. Charlotte Rampling, qui tient là un de ses plus grands rôles, est en lice – pour la première fois de sa longue carrière – pour l’Oscar de la meilleure actrice. Elle le mérite.

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