Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son premier long-métrage, Bang Gang (une histoire d’amour moderne), Eva Husson a voulu filmer la jeunesse dans la veine de Larry Clark et Gus Van Sant. Un premier essai plutôt convaincant mais à qui manque l’audace de ses aînés.

"Bang Gang (une histoire d'amour moderne)", un film de Eva Husson

Les faubourgs aisés d’une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d’Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d’amis va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales et de l’effondrement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente.

 

 

Eva Husson a été adolescente dans les années 90 et s’est inspirée pour son premier film d’un fait divers américain qui l’avait marquée alors, sur la « dérive sexuelle » de jeunes filles et garçons a priori comme les autres. Vingt ans plus tard, rien n’a changé et tout a changé. Les ados ont toujours les hormones en ébullition, mais internet et les réseaux sociaux sont arrivés, modifiant notablement les comportements et les relations entre jeunes, baignant dans la culture porno, de plus en plus accessible.

 

Le film d’Eva Husson se veut dans la veine de Gus Van Sant, à qui elle emprunte carrément des plans de Paranoid Park et Elephant (le ciel traversé de lignes haute tension, entre autres), et de Larry Clark pour l’approche sexuelle de l’adolescence. Mais la réalisatrice française reste très sage par rapport à ses illustres modèles, se contentant de partouzes bien chastes et de dialogues pas si crus qu’on peut les entendre (ou les avoir dits dans notre propre adolescence). Cependant, Eva Husson parvient à capter quelque chose d’essentiel, l’insouciance, le goût de liberté et l’irrévérence de la jeunesse mais semble confrontée – contrairement à l’incroyable audace de Larry Clark – à des impératifs commerciaux qui aseptisent le film et convoquent une fin moralisatrice un peu déplaisante avant de s’envoler vers une piste romantique. Ce choix qui n’est jamais fait est à l’image de ce film intéressant mais incomplet : Eva Husson brasse de nombreux sujets sans vraiment aller au bout de chacun. On regrette que l’utopie sexuelle grisante ne soit rattrapée par des considérations médicales et un politiquement correct qui affadit le tout. Bang Gang se place tout de même au-dessus du lot de ce que propose en général le cinéma français quand il traite de l’adolescence. Et rien que pour cela, c’est encourageant.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog