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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Le réalisateur canadien François Delisle filme dans Chorus un couple brisé, séparé et qui se retrouve dix ans après la disparition de leur enfant. Un mélodrame bouleversant.

"Chorus", un film de François Delisle

Le jour où leur fils a disparu, un après-midi après l’école, la vie d’Irène et Christophe s’est brisée. Chacun de son côté a survécu à sa façon, lui au Mexique, elle en reprenant sa carrière au sein d’une chorale. Dix ans après, un appel de la police les amène à se retrouver…

 

 

François Delisle, déjà auteur de cinq longs-métrages inédits en France, a pris le temps avant de réaliser Chorus, un drame douloureux sur un couple brisé par la perte d’un enfant. L’ouveture du film, une confession quasiment un plan-séquence, donne le ton : un noir et blanc contrasté, un sujet difficile et une mise en scène rigoureuse. Pourtant, Chorus s’avère être beaucoup moins aride que sa séquence inaugurale. Le cinéaste prend le temps d’installer tous les tenants de son scénario : des rues enneigées de Montréal aux plages mexicaines, Irène et Christophe tentent, chacun de son côté, de survivre à la disparition mystérieuse de leur fils unique, dix ans auparavant. Il enchaîne les aventures, elle s’élève dans une chorale qui reprend des chants polyphoniques du Moyen Âge.

 

La beauté de ce film est dans sa pudeur, une retenue qui ne recule jamais devant la douleur mais reste à bonne distance – un mélodrame sobre en quelque sorte. Mais l’enjeu du film dépasse la disparition de l’enfant et la résolution d’une enquête longue d’une décennie. François Delisle s’intéresse à ce couple qu’un événement tragique a séparé et qui va, peut-être, des années plus tard, vivre enfin à deux cette peine qui devait être partagée pour pouvoir de nouveau céder place à la vie. L’interprétation extraordinaire (Sébastien Ricard et Fanny Mallette, parfaits) est au service d’une mise en scène souvent poétique (voix off en polyphonie, séquence onirique sur la plage…) et toujours rigoureuse, jusque dans son plan final, épatant.

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