Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Avec Les Huit Salopards, Quentin Tarantino se remet au western, trois ans après le triomphe de Django Unchained. Un film jouissif, violent et qui dresse un sombre portrait de l’Amérique après la Guerre de Sécession. Première claque de l’année.

"Les Huit Salopards", un film de Quentin Tarantino

Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…

 

 

En 25 ans de carrière et huit films, Quentin Tarantino a réinventé le film de gangster, d’arts martiaux et parsemé son chemin d’œuvres et de BO légendaires, de Pulp Fiction à Kill Bill en passant par Réservoir Dogs. Après l’extraordinaire Django Unchained (son plus gros succès au box-office français), le cinéaste culte reste dans l’univers du western et revendique l’influence des classiques des années 60. D’ailleurs, il a tourné The Hateful 8 – le titre original – en Ultra Panavision 70, format 70mm délaissé depuis la fin des années 60 et remis ici au goût du jour pour l’immensité des paysages neigeux et « l’intimité des intérieurs. »

 

D’aucuns reprocheront toujours à Tarantino sa mégalomanie et son goût de trop-plein, mais son public se régale à chaque nouveau film. Ici, on retrouve les obsessions habituelles (vengeance, violence, longs dialogues ciselés…) avec un casting composé d’habitués (Samuel L. Jackson, Tim Roth, Kurt Russell, Michael Madsen) et de nouveaux venus (Jennifer Jason Leigh, Channing Tatum). Divisé en six chapitres, ce film-fleuve (près de trois heures) démarre comme un western classique avant d’enfermer ses personnages pendant plus de deux heures dans une auberge où les dialogues géniaux vont s’enchaîner pour faire tomber les masques et laisser surgir une violence forcément déchaînée. Ce jeu de massacre jouissif, Tarantino nous y a habitués mais dans Les Huit Salopards, il offre des règlements de compte d’anthologie.

 

Là où Django Unchained réécrivait l’Histoire juste avant la Guerre de Sécession, ce nouveau film se situe quelques années plus tard et dresse, l’air de rien, un portrait au vitriol des Etats-Unis, un pays malade de ses contradictions, de ses armes et de ses culpabilités avec les femmes et les noirs comme boucs émissaires. Le cinéaste s’amuse et donne au spectateur un jeu de pistes où chacun manipule l’autre jusqu’à l’éclosion de la vérité, fatalement dans le sang. Le sens du rythme de Tarantino lui permet de proposer un divertissement de trois heures qui n’ennuie jamais. Les acteurs sont tous exceptionnels, mais Jennifer Jason Leigh est particulièrement remarquable – quand aura-t-elle enfin un Oscar ? Entre humour, violence et mélancolie, Quentin Tarantino ne signe rien de moins qu’un nouveau classique.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog