Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

La réalisateur Alexander Nanau a suivi une famille rom pendant plus d’un an dans un quartier déshérité de Roumanie. Toto et ses sœurs est un très beau documentaire dans la veine du cinéma-vérité, parfois dur mais souvent plein d’humour.

"Toto et ses sœurs", un film de Alexander Nanau

Au cœur d’une famille rom en pleine désintégration, émerge la figure de Totonel, 10 ans, dit Toto. Avec passion il apprend à lire, écrire et danser. Surtout danser et gagner le grand concours de Hip Hop. Au milieu du chaos ambiant, ses deux sœurs essayent de maintenir le mince équilibre de la famille. Le récit cinématographique d’Alexander Nanau enregistre sans pose, à hauteur d’Homme, la vie de Toto et de cette famille qui manque de tout, sauf d’humour et d’amour.

 

 

C’est une société de production qui a proposé au réalisateur Alexander Nanau, Allemand mais né en Roumanie, de faire un film sur la communauté rom. Après de longues recherches et le constat que beaucoup de ces enfants n’ont aucune chance de s’en sortir, le cinéaste décide de suivre une famille dont la mère est en prison pour trafic de stupéfiants et ses enfants plus ou moins livrés à eux-mêmes. 14 mois de tournage et presque autant de montage furent nécessaires à la réalisation de Toto et ses sœurs, documentaire choral drôle et émouvant.

 

Aux côtés de sa sœur aînée, Ana, 16 ans, héroïnomane dont le cas semble de plus en plus désespéré, et de la plus jeune, Andrea, 14 ans, le jeune Totonel, 9 ans, grandit dans ce qui ressemble moins à un appartement qu’à un squat où viennent s’échouer ses oncles toxicomanes – une séquence de shoot devant l’enfant est particulièrement sidérante. Sans interview ni voix off, dans la veine du « cinéma direct », le film donne à voir une effroyable réalité, celle d’enfants abandonnés par le monde des adultes, à l’exception d’un jeune prof de break dance qui va réussir à nouer un lien avec un « Toto » incroyablement doué pour la danse hip-hop. Malgré la difficulté de sa vie, le petit garçon affiche un sourire radieux et une joie de vivre insolente quand on pense au sort réservé aux Roms, relégués à la margé de la société roumaine – et, plus largement, de l’Europe. Un documentaire bouleversant.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog