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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Mikhaël Hers signe avec Ce sentiment de l’été un bouleversant témoignage d’amour et une chronique du deuil en trois actes, trois étés dans trois villes, Berlin, Paris et New York. Une réussite portée par des acteurs en état de grâce.

"Ce sentiment de l'été", un film de Mikhaël Hers

Au milieu de l'été, Sasha, 30 ans, décède soudainement. Alors qu'ils se connaissent peu, son compagnon Lawrence et sa sœur Zoé se rapprochent. Ils partagent comme ils peuvent la peine et le poids de l'absence, entre Berlin, Paris et New York. Trois étés, trois villes, le temps de leur retour à la lumière, portés par le souvenir de celle qu'ils ont aimée.

 

 

Après Memory Lane, Mikhaël Hers signe à 40 ans son deuxième long-métrage, empreint de mélancolie. Avec subtilité, le cinéaste évoque le deuil et comment l’entourage d’une jeune femme va survivre à sa disparition brutale. Mais pour le réalisateur, il ne s’agit pas seulement de parler du deuil, mais « de la vie tout le temps faite de choses ambivalentes et complexes et lumineuses aussi, même parfois dans les instants les plus sombres. » Entre Berlin, Paris et New York, trois villes qu’il affectionne particulièrement, Hers dresse le portrait d’un jeune homme (Anders Danielsen Lie, le lumineux héros de Oslo, 31 août) et de l’ensemble des proches de la défunte, touchés comme par une onde de choc.

 

Au cours de trois étés, Mikhaël Hers propose une variation en trois villes qui semblent se confondre, de la très en vogue Berlin à l’éternelle Paris en passant les quartiers branchés de Brooklyn (autour de Bedford Street). Le film diffuse une grande douceur, à l’image des couleurs chaudes de l’été et de sa lumière formidablement bien retranscrite par le tournage en 16mm. Au détour de certains plans, comme par surprise, on peut voir une mère (Marie Rivière, somptueuse) pleurer à l’abri du regard ou une sœur (Judith Chemla, toute en sensibilité) cacher brusquement une éruption de sanglots à son jeune fils. Le deuil semble se « faire » en marchant, au cours de longues balades à ciel ouvert : quoiqu’il arrive, les personnages marchent, ils avancent. Mikhaël Hers livre un film mélancolique et lumineux, comme l’espoir fragile d’un renouveau.

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