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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour sa quatrième réalisation, Chocolat, Roschdy Zem fait appel à un tandem inattendu : Omar Sy et James Thiérrée. Un biopic classique sur un personnage oublié, le premier noir à connaître la gloire, le clown « Chocolat » en pleine histoire coloniale. Il manque juste au film, parfaitement interprété, un petit supplément d’âme.

"Chocolat", un film de Roschdy Zem

Du cirque au théâtre, de l'anonymat à la gloire, l'incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu'il forme avec Footit, va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l'argent facile, le jeu et les discriminations n'usent leur amitié et la carrière de Chocolat. Le film retrace l'histoire de cet artiste hors du commun. 

 

 

Depuis son passage derrière la caméra, Roschdy Zem enchaîne les projets apparemment différents mais qui traitent tous, de près ou de loin, du rejet de la différence, sous forme de comédie (Mauvaise foi), de chronique judiciaire (Omar m’a tuer), de drame (Bodybuilder) ou maintenant du biopic avec Chocolat, inspiré de la vie de Rafael Padilla, qui a connu la gloire au début du XXème siècle sous le pseudo du « Clown Chocolat » en duo avec le clown blanc Footit. Omar Sy et James Thiérrée – qui n’est autre que le petit-fils de Charlie Chaplin – incarnent ce tandem aussi surprenant que finalement évident, tant le charisme de la star d’Intouchables crève l’écran et tant la descendance de Charlot s’impose avec grâce (il est acrobate et danseur de formation, mais aussi un excellent acteur).

 

Prenant le parti d’une reconstitution historique ultra classique, voire même académique, Roschdy Zem explose son histoire de manière linéaire, avec quelques flashbacks pour figurer les souvenirs d’enfance de celui que l’on surnommera Chocolat, ancien esclave venu de Cuba et qui devient une star du cirque. Au-delà de l’histoire de cette « grandeur et décadence », au-delà des problèmes d’argent et de drogues qui surviennent, le film se tient sur la relation entre les deux artistes, un rapport de domination dont personne ne perçoit exactement les limites en dehors de la scène. Car dans la France de 1900, un « nègre », si riche soit-il devenu, reste pour beaucoup un sous-homme, un sauvage comme ceux que l’on montre à l’exposition coloniale. Que Footit botte le derrière d'un noir, et tout le monde hurle de rire, mais quand Chocolat désire inverser les rôles, la salle se fige d'effroi. Et le spectateur de soudain s'interroger sur son rire dans les séquences précédentes...

 

Le casting est impeccable, dont l’émouvante Alice de Lencquesaing, l’apparition des frères Podalydès en frères Lumière – belle idée – et l’excellent Olivier Gourmet (déjà à l’affiche de la Vénus Noire de Kechiche sur un thème voisin) mais le scénario finit tout de même par tourner en rond, incapable de faire surgir une véritable émotion, comme coincé dans sa volonté appliquée de restituer cette histoire oubliée. Mais rien que pour Omar Sy et James Thiérrée, ce Chocolat vaut le détour.

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