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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

César Acevedo mêle drame social et drame familial dans son premier long-métrage, La terre et l’ombre, interprété par des acteurs non professionnels convaincants. Une mise en scène virtuose, parfois un peu sèche, et un sens de la dramaturgie. Caméra d’or au Festival de Cannes 2015.

"La terre et l'ombre", un film de César Acevedo

Alfonso est un vieux paysan qui revient au pays pour se porter au chevet de son fils malade. Il retrouve son ancienne maison, où vivent encore celle qui fut sa femme, sa belle-fille et son petit-fils. Il découvre un paysage apocalyptique. Le foyer est cerné par d'immenses plantations de cannes à sucre dont l’exploitation provoque une pluie de cendres continue. 17 ans après avoir abandonné les siens, Alfonso va tenter de retrouver sa place et de sauver sa famille.

 

 

César Acevedo a grandi en Colombie, dans la région du Cauca qu’il filme dans La terre et l’ombre, situé au milieu des champs de canne à sucre. Loin de l’image habituelle des films vus en Europe (la Colombie se réduisant souvent aux enlèvements et au trafic de drogues), le jeune cinéaste propose une vision rurale, celle des exploitants de canne à sucre – qui justement exploitent les ouvriers jusqu’à la corde. Dans une petite maison isolée au milieu des champs, une famille tente de survivre et voit le retour d’un père absent depuis vingt ans alors que le fils se meurt sous le nuage de cendres permanent dû à la canne à sucre brûlée.

 

Dès le premier plan, c’est la poussière qui envahit l’écran et va revenir comme motif pendant tout le film, qu’il s’agisse des retombées de cendres ou de la poussière soulevée par les véhicules. Cette canne à sucre est à la fois le gagne-pain de la famille et ce qui tue à petit feu le fils unique, souffrant d’une lourde condition respiratoire. Acevedo choisit des plans fixes admirablement composés pendant la première heure jusqu’à ce que la caméra commence à opérer des mouvements au moment où la famille se retrouve dans une impasse et songe à quitter cette terre qui les nourrit autant qu’elle les empoisonne. A 28 ans, le jeune réalisateur fait preuve d’une maîtrise formelle évidente, parfois un peu sèche, faisant de son film un bel objet de festival qui a séduit Cannes et a remporté, outre la Caméra d’or, une série de distinctions dans la section Semaine de la Critique. On peut placer beaucoup d’espoir en ce nouvel auteur.

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