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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Antoine Cuypers livre avec Préjudice un premier film plein de maîtrise et intelligemment bâti sur les névroses familiales. Nathalie Baye et Thomas Blanchard sont épatants.

"Préjudice", un film de Antoine Cuypers

Lors d’un repas de famille, Cédric, la trentaine, vivant toujours chez ses parents, apprend que sa sœur attend un enfant. Alors que tout le monde se réjouit de cette nouvelle, elle provoque chez lui un ressentiment qui va se transformer en fureur. Il tente alors d’établir, aux yeux des autres, le préjudice dont il se sent victime depuis toujours.  Entre non-dits et paranoïa, révolte et faux-semblants, jusqu’où une famille peut-elle aller pour préserver son équilibre ?

 

 

Primé dans son pays natal pour ses courts-métrages, le jeune réalisateur belge Antoine Cuypers signe avec Préjudice son premier long-métrage. Sous l’influence de Festen (Thomas Vinterberg) auquel on pense fatalement, ce premier film ne cache cependant pas de lourd secret et se concentre plutôt sur un dysfonctionnement au sein de la famille sans que l’on ait une véritable explication, qu’il s’agisse du comportement de Cédric (incroyable Thomas Blanchard) ou des raisons de la relation ambigüe avec sa mère (Nathalie Baye, impériale, entre douceur et cruauté).

 

Dans une famille bourgeoise, apparemment sans histoires, une jeune femme (Ariane Labed, la révélation de Fidelio, l’odyssée d’Alice), réunit ses proches dans la maison où elle a grandi (on entend d’ailleurs la fameuse chanson de Françoise Hardy) pour annoncer sa grossesse. Mais rien ne va se passer comme prévu. En cause, Cédric, le fils un peu mal aimé, marginal, qui vit encore chez ses parents et rêve de l’Autriche de manière assez irrationnelle. La mise en scène fluide rappelle l’art d’un Michael Haneke et le sens des engueulades celui d’un Pialat, les deux références assumées du jeune cinéaste. Les mots fusent comme des balles et le malaise s’installe entre ce fils étrange et ses (beaux-) frères, ses (belles-)sœurs et ses parents incarnés par Nathalie Baye et Arno en père aimant mais faible face à l’autorité de sa femme. Antoine Cuypers met à nu une crise familiale avec la cruauté et la rancœur des choses non dites trop longtemps. Dans une séquence magnifique, au ralenti, tout le monde s’affaire sous la pluie alors que Cédric, bizarrement, reste de marbre, à l’image de ce film brillant, légèrement poseur parfois, mais qui révèle un indéniable talent.

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Joce 09/06/2017 19:37

Je n ai pas les compétences pour juger de la partie technique mais d un point de vue émotionnel, il y a longtemps que je n avais pas vu un film qui me touche autant.

Alex 12/02/2016 11:01

Perso, je trouve que le sujet du film est intéressant, mais je suis resté sur ma faim. Et pour cause, la mise en scène est ratée et les acteurs sont peu crédibles.

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