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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Alejandro G. Iñarritu signe The Revenant, un survival movie précédé d’un énorme buzz médiatique avec Leonardo DiCaprio en tête d’affiche. Un film virtuose à la photographie somptueuse mais au scénario un peu faiblard.

"The Revenant", un film de Alejandro G. Iñarritu

Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

 

 

Un an tout juste après son sacre aux Oscars (meilleurs film et réalisateur pour Birdman), Alejandro G. Iñarritu est de nouveau le grand favori pour la cérémonie 2016 avec The Revenant, dont le scénario est passé entre les mains de Park Chan-wook, John Hillcoat et même Jean-François Richet avant le cinéaste mexicain. Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Michael Punke qui retrace la folle histoire (vraie) du trappeur Hugh Glass laissé pour mort par son équipe après une attaque par un ours et qui va nourrir un profond désir de vengeance dans les neiges du nord-ouest américain.

 

La filmographie d’Iñarritu est traversée par l’envie de virtuosité, en témoignent les destins habilement croisés dans le très beau Babel ou les plans-séquences magistraux de l’excellent Birdman. Pour raconter cette quête de vengeance, le cinéaste offre à Leonardo DiCaprio un rôle « bigger than life » comme les Etats-Unis les affectionnent – l’acteur part favori pour obtenir son premier Oscar qu’il attend, mérite et devrait logiquement avoir. La mise en scène somptueuse tire profit de paysages à couper le souffle et du talent du chef opérateur Emmanuel Lubezki dont on retrouve l’essence de son merveilleux travail avec Terrence Malick ici, entre flashbacks et hallucinations cosmiques. Iñarritu travaille le rapport de l’homme à l’animalité (on se souvient des dresseurs de molosses, déjà, dans Amours chiennes). Ici, le héros est laissé pour mort par un ours, se réfugie – littéralement – dans les entrailles d’un cheval et dévore du foie de bison et du poisson crus. 

 

En dépit de ses grandes qualités plastiques, le film souffre de longueurs (2h36 injustifiées) et d’un scénario bancal qui, paradoxalement, atténue le souffle épique de ce désir de vengeance en voulant absolument lui donner une résonnance sociale, humaniste (le sort des Indiens, pour aller vite), alors qu’il s’agit d’une pulsion née d’une trahison inacceptable. Les épreuves inhumaines endurées sont justement endurées grâce (ou à cause) de l’absurdité de cette pulsion, de son absence de rationalité. Passé ce bémol, Iñarritu s’impose évidemment comme un cinéaste virtuose mais qui, comme le révèle une vidéo passionnante postée sur internet, semble avoir multiplié les emprunts (cadre, mouvement de caméra, lumière) au génie russe Tarkovski pour mettre en scène son survival movie. Hommage, inspiration ? The Revenant reste une réussite technique, un pari fou, mais qui n’a pas la puissance de Birdman.

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