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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Acclamé en festivals depuis Locarno 2015, le premier long-métrage de Guillaume Senez, Keeper, est la belle surprise du printemps. Une bouleversante chronique de l’adolescence portée par des acteurs en état de grâce.

"Keeper", un film de Guillaume Senez

Maxime et Mélanie s’aiment. Ensemble, ils explorent leur sexualité avec amour et maladresse. Un jour, Mélanie découvre qu’elle est enceinte. Maxime accepte mal la nouvelle, mais peu à peu se conforte dans l’idée de devenir père. C’est maintenant décidé : du haut de leurs quinze ans, Maxime et Mélanie vont devenir parents…

 

 

Le réalisateur belge Guillaume Senez a fait ses armes avec trois courts-métrages (La quadrature du cercle, Dans nos veines et U.H.T.) avant de se lancer dans ce premier long-métrage qui a pris cinq années de préparation pour trouver le montage financier. Maxime et Mélanie ont 15 ans et sont amoureux – ils s’embrassent passionnément dans le plan d’ouverture du film. Quand elle tombe enceinte, ils décident finalement de garder l’enfant. Le titre Keeper est à double entente, entre ce choix donc et la signification sportive de gardien de but – Maxime veut devenir footballeur professionnel. Grossesse adolescente et Belgique, on pense aux frères Dardenne mais le film de Guillaume Senez ne s’inscrit pas spécialement dans un milieu populaire – pas plus que bourgeois – mais simplement dans des familles « normales » avec des parents séparés et parfois dépassés par les événements.

 

Le point de départ du film rappelle Juno mais le jeune cinéaste adopte ici le regard de Maxime, à la fois étrangement mûr pour son jeune âge et pourtant pas encore adulte. Ni victimes ni particulièrement battants, les deux ados ont des activités de leur âge, entre fête foraine, sorties entre potes et jeux vidéo. Ils sont encore des enfants, jusque dans la manière anecdotique dont ils vont décider de garder l’enfant (sous la forme d’un pari, d’un jeu). La caméra suit au plus près les acteurs, à commencer par les jeunes et exceptionnels Kacey Mottet Klein (tout jeune dans Home d’Ursula Meier et Gainsbourg enfant dans le film de Joann Sfar) et Galatéa Bellugi (repérée dans A 14 ans d’Hélène Zimmer), sans oublier les adultes campés par Lætitita Dosch (magnifique), Catherine Salée et Sam Louwyck. Les neuf mois de grossesse sont comme un compte à rebours (à ellipses) vers une réalité qui va fracasser leurs rêves de gosse et les faire entrer dans l’âge adulte. Le réalisateur filme avec justesse cet « âge des possibles » pour citer le film de Pascale Ferran qui est aussi « le seul temps où l’on ait appris quelque chose » pour reprendre les mots de Proust. Keeper est la belle surprise de ce printemps et laisse présager un avenir prometteur pour son réalisateur. Retenez son nom : Guillaume Senez.

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