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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Devenu en trois films un grand nom du cinéma américain, Jeff Nichols signe un quatrième long-métrage, Midnight Special, entre science-fiction et chronique d’émancipation. Un grand film qui mêle l’esthétique SF des années 70/80 et une grande poésie.

"Midnight Special", un film de Jeff Nichols

Fuyant d'abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d'une chasse à l'homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d'accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

 

 

Depuis presqu’une dizaine d’années, Jeff Nichols s’est imposé comme le nouveau grand nom du cinéma américain avec un premier film maîtrisé (Shotgun Stories), un chef-d’œuvre apocalyptique (Take Shelter) et une virée géniale sur les rives du Mississippi (Mud). Associé pour la première fois à un grand studio, le cinéaste s’essaye à un conte SF sous des airs d’hommage à Spielberg (on pense à E.T. et Rencontres du troisième type) mais dont le vrai sujet est le rapport parent-enfant et comment ce père incarné par la muse Michael Shannon va laisser son fils se détacher de lui et vivre sa vie.

 

Le « Midnight Special » est un train reliant Houston (Texas) à a côte ouest, mais ça se rapporte aussi à ces séances de minuit où l’on projetait des séries B de John Carpenter entre autres. Avec ce quatrième film, Jeff Nichols revisite tout un imaginaire du cinéma américain, faisant le lien entre l’Americana dont il est originaire et un pur moment de cinéma inspiré de l’industrie hollywoodienne. Dès les premières séquences, l’action s’emballe entre des « flashes info » inquiétant, une traque qui se met en branle et une mystérieuse secte célébrant le pouvoir d’un enfant – incarné par le talentueux Jaeden Lieberher. On ne comprend pas tout de suite ce qui se joue mais le réalisateur expose son intrigue petit à petit avec la parcimonie scénaristique qu’on lui connaît.

 

Il est difficile de parler de ce film sans émettre de « spoiler » donc disons qu’il s’agit du chemin intérieur d’un père (puis d’une mère – Kirsten Dunst, très bien) pour laisser son fils faire ses choix et s’émanciper selon l’idée que nos enfants ne nous appartiennent pas et qu’il faut savoir leur lâcher la main. Dans une très bel échange, Michael Shannon indique pourtant qu’il en cessera jamais d’être un père et donc de s’inquiéter pour son fils (« That’s the deal »). La mise en scène privilégie les effets spéciaux bricolés (toujours cette filiation avec les années 70/80) et une grande poésie, jusque dans ses dernières minutes. Un très beau film plein de magie et de mélancolie qui interroge le spectateur sur son désir de croyance – et donc de cinéma.

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