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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Lenny Abrahamson s’inspire de faits réels pour son nouveau film, Room, porté par le jeune Jacob Tremblay et Brie Larson, Oscar 2016 de la meilleure actrice. Un film bouleversant de survie et de renaissance autant que sur le rapport mère-fils.

"Room", un film de Lenny Abrahamson

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

 

 

En filigrane, de manière plus ou moins évidente, le cinéma de Lenny Abrahamson est irrigué par la confrontation entre monde intérieur et monde extérieur ainsi que par le thème du repli sur soi, volontaire ou subi. What Richard did et surtout Frank abordaient déjà ce conflit. Dans Room, le cinéaste adapte le best-seller d’Emma Donoghue qui s’est inspirée de plusieurs affaires d’enlèvement et notamment l’affaire Fritzl qui défraya la chronique en Autriche en 2008 après 24 ans de séquestration et sept enfants nés de cette relation forcée.

 

Le film est scindé en deux parties. Dans une première heure, assez étouffante, on reste au plus près de cette jeune femme qui protège son fils de 5 ans de l’atroce vérité, jusqu’à ne plus pouvoir lui cacher la réalité d’un monde extérieur. Aux côtés de Brie Larson, le jeune Jacob Tremblay (8 ans au moment du tournage) est extraordinaire, portant tout autant le film sur ses frêles épaules. Après une séquence au suspense magistralement entretenu (le sommet de Room), une autre réalité s’offre au spectateur : la confrontation avec le monde extérieur inconnu de l’enfant né en captivité et dont la mère a été coupée depuis plus de 7 ans. Les séquelles ne sont pas toujours celles que l’on croit et Lenny Abrahamson se montre particulièrement juste dans sa manière d’observer la (ré)adaptation de chacun. En creux, c’est un rapport mère-fils forcément fusionnel que le réalisateur explore, et le moment – tôt ou tard inévitable – de l’autonomie émotionnelle. Un très beau film qui pourrait enfin révéler Lenny Abrahamson à un public plus large.

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