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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Après une longue absence, Hou Hsiao Hsien livre The Assassin, Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2015. Le cinéaste donne sa vision du film de sabre chinois dans une épure somptueuse et une mise en scène virtuose.

"The Assassin", un film de Hou Hsiao Hsien

Dans la Chine du IXe siècle, Nie Yinniang a été éduquée par une nonne qui en a fait un des plus redoutables assassins du pays. Mais Yinniang se laisse encore trop porter par ses sentiments et sa maîtresse lui ordonne de retrouver sa famille pour assassiner son propre cousin Tian Ji'an, le gouverneur de la province de Weibo, qui défie ouvertement l'empereur. Mais Yinniang est toujours amoureuse de Tian Ji'an, auquel elle fut autrefois promise. Rapidement, elle révèle son identité au gouverneur et se retrouve placée devant un dilemme : sacrifier son amour ou trahir l'ordre des assassins auquel elle appartient...

 

 

On avait laissé Hou Hsiao Hsien à Paris avec son dernier film, Le voyage du ballon rouge, en 2008, une commande du Musée d’Orsay devenue un très bon long-métrage avec Juliette Binoche. Depuis, le cinéaste a pris la direction des Golden Horse Film Festival and Awards (les César taïwanais) et du Taipei Film Festival, en parallèle de la minutieuse préparation de ce nouveau film, la première incursion du réalisateur dans le wu xia pian, le film de sabre chinois. Mais que ceux qui s’attendent à une avalanche de combats se méfient, Hou Hsiao Hsien (HHH pour les intimes) a choisi l’épure, privilégiant des plans-séquences somptueux et une travail méticuleux sur le cadre et la lumière, avec son fidèle chef op, Mark Lee Ping-Bin.  Les combats interviennent brièvement, comme un coup de tonnerre, un tranchant coup de sabre.

 

Après un prologue introductif en noir et blanc, HHH suit le parcours de Yinniang, incarnée par sa muse Shu Qi, héroïne de son chef-d’œuvre Millennium Mambo en 2001, dans sa mission vengeresse contrariée par un passif sentimental. La caméra flotte entre les voiles et les tentures de l’habitation de sa cible, en alternance avec des plans contemplatifs de la nature environnante – de toute beauté. On pense un peu à Histoire de fantômes chinois, la merveilleuse trilogie de Ching Siu-Tung à la fin des années 80, mais HHH fait le choix d’une mise en scène toujours en retrait, magnifique mais qui n’étouffe pas ses personnages, qui les laisse vivre au gré de fluides mouvements de caméra dans un format 4:3 qui donne à The Assassin des airs de tableau de maître. Le travail sur le son, remarquable, apporte une authenticité incroyable et le film envoûte jusqu’au dernier plan, étonnamment accompagné de musique celtique. Le jury du dernier Festival de Cannes ne s’y est pas trompé, attribuant au cinéaste un Prix de la mise en scène bien mérité.

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