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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Trois ans après Gravity, qu’il a coécrit, Jonás Cuarón retrouve la terre ferme avec Desierto, son deuxième long-métrage. Une chasse à l’homme dans le désert et un thriller particulièrement haletant.

"Desierto", un film de Jonás Cuarón

Désert de Sonora, Sud de la Californie. Au cœur des étendues hostiles, emmené par un père de famille déterminé, un groupe de mexicains progresse vers la liberté. La chaleur, les serpents et l'immensité les épuisent et les accablent… Soudain des balles se mettent à siffler. On cherche à les abattre, un à un.

 

 

Après un premier long-métrage (Año Uña) en 2007, Jonás Cuarón a écrit avec son père (Alfonso) le chef-d’œuvre Gravity, multi-récompensé aux Oscars en 2014. Dans le même temps, il s’est attelé à l’écriture de son deuxième long-métrage en tant que jeune réalisateur, Desierto, qui se présente un peu comme une « version terrestre » de Gravity du propre aveu du cinéaste – un personnage se retrouve seul au monde et doit s’organiser pour ne pas mourir. Inspiré par le génial Duel de Spielberg, Desierto n’est pas seulement un thriller tendu mais aussi un survival movie politique qui prend un tour existentiel dans sa dernière partie.

 

Sous le soleil écrasant du désert à la frontière entre Mexique et Etats-Unis, des migrants rêvent d’un eldorado et suivent un passeur quand un redneck pur jus les prend pour cible, avec la froide méthode d’un geek devant son jeu vidéo. Commence alors une chasse à l’homme entre cet Américain bien décidé à garder ce qu’il appelle « sa maison » (Jeffrey Dean Morgan, excellent) et une poignée de Mexicains menés par le quasi christique Gael Garcia Bernal. Devancé par un chien dressé pour tuer, le chasseur qu’on imagine fan de Donald Trump pointe chaque victime sans sourciller. La mise en scène de Cuarón s'épure petit à petit pour venir tutoyer sur sa dernière partie le Gerry de Gus Van Sant. Le travail remarquable sur le son et la musique du Français Woodkid participent à cette immersion effroyable au suspense tendu comme un arc. A l’heure où l’Europe se déchire sur la question des migrants et où les Etats-Unis pourraient porter Trump à la Maison Blanche, Jonás Cuarón signe un film plus subtil que les premières minutes ne le laissent penser.

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