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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Claire Simon offre une balade dans le bois de Vincennes avec son nouveau film documentaire, Le bois dont les rêves sont faits. Une galerie de portraits aussi étonnante que passionnante.

"Le bois dont les rêves sont faits", un film de Claire Simon

Il y a des jours où on n’en peut plus de la ville, où nos yeux ne supportent plus de ne voir que des immeubles et nos oreilles de n’entendre que des moteurs... Alors on se souvient de la Nature, et on pense au Bois. On passe du trottoir au sentier et nous y voilà ! La rumeur de la ville s’éloigne, on est dans une prairie très loin. C’est la campagne, la forêt, l’enfance qui revient. On y croit, on y est. C’est une illusion vraie, un monde sauvage à portée de main, un lieu pour tous, riches et pauvres, Français et étrangers, homos et hétéros, vieux et jeunes, vieux-jeu ou branchés. Le paradis retrouvé. Qui sait ?

 

 

Depuis près de quarante ans, Claire Simon, qui a débuté comme monteuse, navigue en toute liberté entre documentaire et fiction. On se souvient des récents et excellents Les bureaux de Dieu ou Géographie humaine et son pendant fictionnel Gare du Nord. Dans ce dernier film, la cinéaste plaçait sa caméra dans la gare la plus fréquentée d’Europe, la considérant comme une « porte de l’enfer » là où le bois de Vincennes serait, par opposition, une « porte du paradis » toujours selon la réalisatrice.  Aux portes de Paris, donc, Claire Simon est allée à la rencontre de ceux qui se rendent régulièrement dans cette forêt, pour se promener, faire du sport ou travailler – certains y vivent même.

 

Loin de vouloir faire une sociologie du bois, Claire Simon a capturé avec son objectif les rencontres faites au hasard des sentiers, qu’il s’agisse d’un promeneur de chiens, d’une prostituée, d’un ancien militaire culturiste, d’un colombophile touchant, d’un amateur de lieux de drague gay, de Cambodgiens réunis pour le Nouvel An, de biologistes étudiant l’écosystème du bois, d’un voyeur invétéré ou d’un étrange ermite installé au milieu de la forêt. Le regard bienveillant de la cinéaste laisse la parole s’ouvrir et les destinées personnelles des personnages sont aussi différentes que passionnantes, et parfois émouvantes. On y croise même la fille de Gilles Deleuze, sur les ruines de l’Université où son père enseigna, bâtie en 1968 et rasée douze ans plus tard dont il ne reste que des canalisations rouillées.  Au fil des quatre saisons, Claire Simon offre à la vue de tous un havre de paix et de verdure à la lisière de Paris, comme une Tour de Babel magnifique. Un film passionnant et dont les 2h30 passent avec la douceur d’un songe.

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