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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Christophe Honoré adapte la Comtesse de Ségur dans son nouveau film, Les malheurs de Sophie, porté par la jeune Caroline Grant. La mise en scène inventive et l’interprétation sont les atouts majeurs de cette production ambitieuse mais inégale.

"Les malheurs de Sophie", un film de Christophe Honoré

Depuis son château, la petite Sophie ne peut résister à la tentation de l'interdit et ce qu'elle aime par-dessus tout, c'est faire des bêtises avec son cousin Paul. Lorsque ses parents décident de rejoindre l'Amérique, Sophie est enchantée. Un an plus tard, elle est de retour en France avec son horrible belle-mère, Madame Fichini. Mais Sophie va pouvoir compter sur l'aide de ses deux amies, les petites filles modèles, et de leur mère, Madame de Fleurville pour se sauver des griffes de cette femme.

 

 

On avait laissé Christophe Honoré avec l’adaptation d’un autre auteur, Ovide, et le film magnifique inspiré des Métamorphoses. Faisant un grand bond dans le temps, le cinéaste s’attaque à l’œuvre incontournable de la Comtesse de Ségur et mêle Les malheurs de Sophie et Les petites filles modèles, les deux premiers volets d’une trilogie publiée entre 1857 et 1859. Honoré justifie son choix : « Il m’a semblé qu’en réunissant dans un même film « Les Malheurs de Sophie » et « Les Petites Filles modèles », je pouvais construire un modèle de récit brisé que j’affectionne. L’idylle et la disgrâce. » Et c’est vrai que cette partition est récurrente chez le cinéaste, tout comme l’ombre du deuil qui plane sur l’ensemble de sa filmographie, évidemment Les chansons d’amour mais aussi Ma mère, adaptation déjà ambitieuse de Georges Bataille en 2004.

 

La première partie du film, décevante, passe en revue les « bêtises » de Sophie, énumérées comme un catalogue – la poupée martyrisée, les poissons rouges sacrifiés, l’écureuil emprisonné, le thé très personnel servi aux amis… Heureusement, Caroline Grant, la jeune interprète de Sophie, est parfaite en reine du désordre et de l’indiscipline. A l’issue de ce numéro un peu lassant tout de même, et suite à la mort des parents de Sophie – mise en scène de manière très poétique – on se trouve dans un duel au sommet entre l’espiègle Sophie et sa marâtre, génialement incarnée par Muriel Robin, qui fait sa première incursion chez un cinéaste « branché », ce qui lui vaudra à coup sûr une nomination (méritée) aux prochains César. Aussi rigide que Sophie est ingérable, aussi raide que Sophie est décontractée, cette Madame Fichini restera dans les annales. On préfère Christophe Honoré dans un registre plus intime, mais cette adaptation devrait ravir toutes les générations.

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