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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Mandarines est le cinquième film de Zaza Urushadze mais le premier à connaître un parcours international – il est le premier représentant de l’Estonie aux Oscars. Une fable sensible contre la guerre qui prend la forme d’un huis clos réconciliateur.

"Mandarines", un film de Zaza Urushadze

En 1990, la guerre fait rage en Abkhazie. Un village ne compte comme seuls habitants qu’un vieil homme, Ivo, et un producteur de mandarines, Margus, - tous deux d’origine estonienne - qui refuse de quitter sa plantation alors que les fruits sont presque mûrs. Le conflit est de plus en plus proche mais Ivo décide de venir en aide à Ahmed, un Caucasien blessé, et le cache chez lui. Margus, à son tour, découvre un Géorgien laissé pour mort sur le champ de bataille. Il l’emmène lui aussi chez Ivo. Deux combattants de camps opposés se retrouvent alors sous le même toit…

 

 

Diplômé de l’Université d’Etat de théâtre et de cinéma de Tbilissi en 1988, le réalisateur géorgien Zaza Urushadze signe quelques moyens et longs-métrages avant la consécration grâce à Tangerines (Mandarines en français) qui représente l’Estonie dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère aux Oscars et aux Golden Globes en 2015. Cette coproduction géorgienne et estonienne se situe pendant la guerre en Abkhazie, en plein délitement de l’URSS, au tout début des années 90, et met en scène la cohabitation forcée entre deux ennemis mortels sous le regard d’un vieux sage.

 

Sur la très belle musique de Niaz Diasamidze, la mise en scène de Zaza Urushadze fonctionne à l’économie de moyens. Dans une petite maison au cœur de la campagne, Ivo (Lembit Ulfsak, épatant) recueille deux soldats blessés, un Tchétchène et un Géorgien, ennemis jurés, qu’il soigne et compte bien réconcilier – mission qui semble perdue d’avance. Le film, en huis clos dans cette modeste demeure, met en avant l’ancrage de ce conflit : l’attachement à une terre, plus encore qu’à une nation ou une identité. De la même manière, Margus, l’ami d’Ivo, refuse de quitter sa plantation de mandariniers dont les fruits sont prêts à être récoltés. Le cinéaste ne prend pas parti pour un camp mais prône la reconnaissance de l’autre. Mais comment deux ennemis peuvent sinon s’aimer du moins se respecter ? En quelques scènes de repas, le danger toujours imminent, le Tchétchène et le Géorgien se rapprochent avant l’inévitable retour de la violence pour un final qui résume assez bien l’absurdité de la guerre. Zaza Urushadze signe un film humaniste, parfois naïf, mais qui célèbre l’amitié entre les peuples – ce dont le monde a cruellement besoin en ces temps troublés.

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