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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Avec Braqueurs, Julien Leclercq livre un film d’action « à la française » qui n’a rien à envier aux productions américaines. Une mise en scène nerveuse et une interprétation haut de gamme pour ce polar haletant.

"Braqueurs", un film de Julien Leclercq

Yanis, Eric, Nasser et Frank forment l’équipe de braqueurs la plus efficace de toute la région Parisienne. Entre chaque coup, chacun gère comme il peut sa vie familiale, entre paranoïa, isolement et inquiétude des proches. Par appât du gain, Amine, le petit frère de Yanis, va commettre une erreur... Une erreur qui va les obliger à travailler pour des caïds de cité. Cette fois, il ne s'agit plus de braquer un fourgon blindé, mais un go-fast transportant plusieurs kilos d'héroïne. Mais la situation s’envenime, opposant rapidement braqueurs et dealers…

 

 

Le cinéma français serait-il en train de relever le nez face à Hollywood ? Julien Leclercq avait déjà impressionné par sa vision avec L’Assaut qui retraçait l’intervention du GIGN dans un avion pris en otage par le GIA à Alger en 1994. Trois ans après Gibraltar, le réalisateur signe avec Braqueurs un film d’action puissant et maîtrisé. Contrairement aux gangsters des années 60/70 qui flambaient et narguaient la police, offrant par là même un autre âge d’or du polar français, les braqueurs et dealers d’aujourd’hui font profil bas, préférant investir dans de petites entreprises pour blanchir l’argent plus discrètement. « Ce qui m'intéressait dans ce phénomène, c'est le "chemin de l'argent" : ces braqueurs possèdent des kebabs, des salons de coiffure et des entreprises pour blanchir leur argent. Et ils se préoccupent de ce qu'ils vont pouvoir léguer à leurs enfants » ajoute Julien Leclercq.

 

Dès le premier braquage, remarquablement mis en scène, le film prend un rythme effréné qu’il ne relâchera plus pendant 1h20. Julien Leclercq s’est donné les moyens de ses ambitions avec une documentation précise, des scènes d’action épatantes et un casting convaincant (Sami Bouajila, Guillaume Gouix, Alice de Lencquesaing, Redouane Behache, David Saracino). On passera sur la performance un peu ratée du rappeur Kaaris. Construit comme une tragédie, le film explore, outre les « go fast » et les techniques explosives, les relations au sein d’une fratrie marquée par un père absent, sans trop pousser la psychologie, gardant la bonne distance. Braqueurs est la bonne surprise de la semaine, preuve que le cinéma français sait aussi produire des films d’action de qualité.

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