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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pedro Almodóvar revient en même temps au portrait de femme et à la compétition cannoise avec son nouveau film Julieta. Un mélodrame qui signe le retour du maître aux héroïnes tragiques.

"Julieta", un film de Pedro Almodóvar

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía, la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

 

 

S’il n’a encore jamais obtenu la Palme d’or, Pedro Almodóvar (dont le prénom n’apparaît plus au générique, telle une icône, tel Godard), a souvent eu les honneurs du Festival de Cannes, décrochant même un Prix de la mise en scène (Tout sur ma mère en 1999) et un Prix du scénario doublé du Prix d’interprétation féminine collectif pour les interprètes de son très beau Volver en 2006. Après l’envoûtant La piel que habito, hommage à Franju, et le délirant Les amants passagers en 2013, le réalisateur espagnol revient au portrait de femme avec une intrigue à tiroirs particulièrement sombre.

 

Après avoir minutieusement installé son récit, Almodóvar nous emporte dans les décors flashy du début des années 80 avec une Julieta jeune (Adriana Ugarte) qui a tout des héroïnes incandescentes de la Movida (blondeur peroxydée, jupe en cuir fluo, visage tranchant). Alternant le naufrage de la Julieta quinqua écrivant son passé (Emma Suarez) avec les éléments fondateurs de ce naufrage, le cinéaste n’a pas peur de l’accumulation dramatique et des sursauts scénaristiques auxquels il est habitué : accidents, maladie, abandon, les personnages subissent les foudres des dieux, comme les héros d’une tragédie grecque – Julieta enseigne d’ailleurs la littérature antique. Le passage d’une Julieta à l’autre (idée de mise en scène simple mais géniale et très hitchcockienne) et l’apparition de la muse Rossy de Palma sont deux moments d’anthologie de ce film dont seule la fin abrupte déçoit un peu. Almodóvar ne repartira peut-être toujours pas avec la Palme, mais les deux actrices pourraient s’inviter au palmarès.

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ELEANOR 19/05/2016 13:32

J'aime beaucoup l'univers d'Almodovar et, en particulier, ses portraits de femmes, originaux, sensuels et tendres. A ce jour, un seul de ses films m'a déçue. J'irai voir prochainement celui-ci en espérant que la déception ne sera pas au rendez-vous.

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