Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Lion d’or au Festival de Venise 2015, Les amants de Caracas est le premier long-métrage du vénézuélien Lorenzo Vigas Castes. Les faiblesses du scénario sont compensées par une mise en scène épurée mais on reste circonspect quant à l’attribution de la récompense suprême dans le Cité des Doges.

"Les amants de Caracas", un film de Lorenzo Vigas Castes

Caracas, de nos jours.  Armando, la cinquantaine, attire régulièrement des jeunes hommes chez lui. En échange d'une jolie somme d'argent, il leur demande de se déshabiller, mais refuse de les toucher. A la suite sa rencontre avec Elder, une petite frappe des bas quartiers, il développe une fascination dévorante pour le jeune homme qui, attiré par l’argent, lui rend visite fréquemment. Petit à petit, une relation singulière s’installe entre eux.

 

 

A 48 ans, Lorenzo Vigas Castes réalise son premier long-métrage. Le réalisateur est passé par le film expérimental, le spot publicitaire et le documentaire. Vénézuélien installé au Mexique, il a bénéficié pour Les amants de Caracas – titre français bien racoleur auquel on préfère l’énigmatique Desde allá original – du soutien de Michel Franco (Daniel y Ana, Despues de Lucia, Chronic) à la production. On retrouve d’ailleurs une sorte de nouvel académisme « festivalier » dans la mise en scène – sèche et précise – de Lorenzo Vigas Castes.

 

Le Venezuela connaît une profonde crise dont l’actualité fait écho en même temps que la sortie française du film. Le parti de feu Hugo Chavez a perdu la majorité parlementaire (une première depuis 1999) et le pays qui vit principalement de l’exportation du pétrole se trouve au bord de la pénurie d’essence, « incapable d’importer et faute de capacité de raffinage suffisante sur le territoire national » (Le Monde du 6 mai 2016). Le film de Lorenzo Vigas Castes illustre parfaitement le fossé grandissant entre classes de la société et les inégalités qui augmentent. Armando s’offre de jeunes garçons pour se masturber en les regardant se déshabiller, sans les toucher, et Elder accepte ce deal, bon gré mal gré, après une première rencontre particulièrement violente. Là où le film échoue à convaincre, c’est sur sa lourde métaphore autour des figures paternelles absentes et sur un scénario qui ne se soucie pas vraiment de vraisemblance alors même qu’il tente de capter une réalité sociale. Le metteur en scène a du talent mais fallait-il lui remettre le prestigieux Lion d’or pour cette œuvre bancale ? Rien n’est moins sûr.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog