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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Yvan Attal signe une comédie politique avec son nouveau film, Ils sont partout, une série de sketches dénonçant les clichés antisémites. Malheureusement, il oublie d’être drôle et livre un nanar consternant.

"Ils sont partout", un film de Yvan Attal

Yvan se sent persécuté par un antisémitisme grandissant et il a l’habitude de s’entendre dire qu’il exagère, qu’il est paranoïaque. Lors de séances chez son psy, Yvan parle donc de ce qui le concerne : son identité, être français et juif aujourd’hui. Mais ces rendez-vous sont aussi et surtout une sorte de fil rouge reliant entre elles plusieurs histoires courtes qui tentent de démonter, sur le mode tragi-comique, les clichés antisémites les plus tenaces.

 

 

Dans sa première et excellente réalisation (Ma femme est une actrice), Yvan Attal abordait la judéité avec humour et finesse. Quinze ans plus tard, inquiet d’un antisémitisme persistant que l’on ne nie évidemment pas, l’acteur-réalisateur livre un brûlot s’attaquant à certains clichés antisémites (les juifs sont partout, ils ont de l’argent, etc). L’intention est louable, la forme de film à sketches, souvent casse-gueule, est intéressante, mais le film est un naufrage du début à la fin.

 

Avec les visites chez son psy comme fil rouge, Yvan Attal illustre les pires clichés sur les juifs avec un casting all star (Benoît Poelvoorde, François Damiens, Gilles Lellouche, Charlotte Gainsbourg, Marthe Villalonga, Dany Boon, Valérie Bonneton, Denis Podalydès). Mal écrit, mal filmé et mal joué, le film enchaîne les mauvaises idées et s’avère incapable de faire rire avec une constance qui forcerait presque l’admiration. Le sketch avec François Damiens est tellement ridicule qu’il en devient gênant. Ils sont partout est l’archétype du film que l’on aurait aimé aimer mais les intentions du réalisateur se retournent contre lui, à cause d’un traitement toujours caricatural et grotesque – les goys, les non juifs donc, sont tous inlassablement de gros beaufs incultes et racistes. La palme revient à la séquence « géopolitique » finale d’une maladresse insoutenable. Pour combattre l’antisémitisme, mieux vaut voir au théâtre l’excellente pièce L’être ou pas de Jean-Claude Grumberg, autrement plus fine, drôle et intelligente.

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