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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Christophe Barratier s’intéresse à la célèbre affaire Kerviel dans son nouveau film, L’outsider. Une reconstitution efficace pour un film très intéressant malgré une mise en scène sans éclat.

"L'outsider", un film de Christophe Barratier

On connaît tous Kerviel, l’opérateur de marchés de 31 ans dont les prises de risque auraient pu, en 2008, faire basculer la Société Générale - voire même le système financier mondial… Kerviel est condamné deux ans plus tard à cinq ans de prison dont trois ferme et aux plus lourds dommages-intérêts jamais vus pour un particulier : 4,9 milliards d’euros ! Mais que sait-on de Jérôme ?… Entré dans la banque par la petite porte en 2000, personne n’aurait pu prédire que le jeune Breton parviendrait à devenir trader 5 ans plus tard. Et Jérôme Kerviel va gagner ses galons et sa place en apprenant vite. Très vite. Jusqu’à fin 2007, il sera dans une spirale de réussite : « une bonne gagneuse », « une cash-machine » - comme le surnommaient ses collègues…

 

 

Tout le monde a entendu parler de Jérôme Kerviel. Tout le monde a entendu parler de sa chute vertigineuse, des 5 milliards d’euros et du scandale autour de la Société Générale. Alors que l’ancien trader est désormais un repenti, marchant sur la route de Compostelle et battant sa coulpe sur tous les plateaux télé, Christophe Barratier (Les Choristes, c’était lui) adapte son récit et donne à voir la fascination de notre monde actuel pour l’argent.

 

L’affaire Kerviel, c’est l’histoire d’un type simple, un quidam « monté à Paris » qui rêve de travailler dans la finance sans pour autant trop de gourmandise en dépit des milliards qui défilent. Le trader mène une vie relativement simple, sans voiture de sport, villa sur la côte ou voyages extravagants. Arthur Dupont, le monsieur tout le monde idéal jusque dans son nom, incarne très bien ce trentenaire sans grande envergure mais avec une conscience aigüe de ce que représentent les marchés. Barratier nous montre une bande de néo-beaufs grisés par les millions palpés avec un François-Xavier Demaison excellent en gourou cynique. Le film, très bien documenté, se regarde avec intérêt même si l’on est loin de la flamboyance de Scorsese et son Loup de Wall Street sur un sujet voisin. Modeste, Barratier propose un exposé efficace mais qui, se plaçant in fine aux côtés de Kerviel, gomme un peu trop les zones d’ombre du personnage.

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