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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Whit Stillman adapte un court roman méconnu de Jane Austen. Love & Friendship est une comédie élégante et piquante. Le cinéaste sonde avec subtilité le sentiment amoureux et la place de la femme dans la société du XVIIIème.

"Love & Friendship", un film de Whit Stillman

Angleterre, fin du XVIIIe siècle : Lady Susan Vernon est une jeune veuve dont la beauté et le pouvoir de séduction font frémir la haute société. Sa réputation et sa situation financière se dégradant, elle se met en quête de riches époux, pour elle et sa fille adolescente. Épaulée dans ses intrigues par sa meilleure amie Alicia, une Américaine en exil, Lady Susan Vernon devra déployer des trésors d'ingéniosité et de duplicité pour parvenir à ses fins, en ménageant deux prétendants : le charmant Reginald et Sir James Martin, un aristocrate fortuné mais prodigieusement stupide…

 

 

Après trois films au début des années 90, dont Metropolitan et Les derniers jours du disco, Whit Stillman disparaît des radars avant de revenir en grâce en 2012 avec Damsels in Distress. Pour son cinquième long-métrage, le cinéaste américain adapte Lady Susan, un court roman épistolaire méconnu de Jane Austen, écrit à ses débuts et publié à titre posthume. La romancière britannique maintes fois adaptées au cinéma et à la télévision trouve ici une vigueur inédite. Ceux qui la considère encore comme l’auteur de bleuettes pour jeunes filles romantiques en seront pour leurs frais.

 

L’ouverture de ce film en costumes fait l’effet d’une bourrasque : dans un élan rare pour ce type de récit, Stillman nous présente tous les personnages en quelques minutes, à l’aide de malicieuses vignettes qui sont aussi drôles que promptes à créer le chaos dans l’esprit du spectateur. En effet, impossible de retenir tous les noms et les liens entre les protagonistes en si peu de temps, mais qu’importe, petit à petit, le scénario habile permet de retisser un maillage adroit entre cousins, prétendants et maris. Sous l’apparence d’un vaudeville, Whit Stillman dresse une galerie de portraits assez cruelle et qui scanne avec intelligence les relations hommes / femmes de l’époque, entre séduction, appât du gain et rancunes tenaces. Lady Susan, sous les traits de la merveilleuse Kate Beckinsale, imagine les plans les plus machiavéliques pour sortir de sa situation précaire, quitte à sacrifier sa fille dans un mariage de raison avec un « sir » d’une bêtise si profonde qu’il en devient drôle (Tom Bennett campe ce personnage avec ce qu’il faut d’innocence et de burlesque). Les répliques fusent et les stratagèmes se mettent en place dans un ballet remarquablement orchestré par un metteur en scène au meilleur de sa forme. La meilleure adaptation de Jane Austen, enfin départie de la préciosité dont on l’a injustement affublée.

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