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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

En compétition au Festival de Cannes 2016, le nouveau film de Nicolas Winding Refn, The Neon Demon, oscille entre conte horrifique et satire de l’univers de la mode. Ce véritable poème cinématographique à la mise en scène exceptionnelle est une claque visuelle.

"The Neon Demon", un film de Nicolas Winding Refn

Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

 

 

Consacré par le Prix de la mise en scène à Cannes pour Drive en 2011, Nicolas Winding Refn ne cesse d’explorer les possibilités de sa mise en scène à la violence stylisée – on adore aussi Bronson ou Only God forgives. Avec The Neon Demon, « NWR » retrouve le Los Angeles de Drive mais place désormais les hommes au second plan, une première dans sa filmographie. L’éblouissante Elle Fanning donne chair (au sens propre) à son personnage de jeune fille pure bien vite balancée dans l’univers malsain et corrompu de la mode en pleine cœur de L.A. On retrouve une fois de plus les influences de Kubrick (pour les gimmicks visuels et les mouvements de caméra) et David Lynch (pour l’introspection hypnotique), mais aussi des giallos de Dario Argento.

 

Dès les premières minutes, The Neon Demon subjugue par sa beauté. Allongée sur un divan et maculée de sang, Jesse (Elle Fanning) fait son entrée dans le monde de la mode sous le regard fasciné d’une maquilleuse (Jena Malone) qui sera son guide et sa perte. NWR joue avec les clichés de L.A. et du rêve américain pour mieux en extraire le poison. L’univers de Gaspar Noé n’est pas loin dans cette séquence stroboscopique, au début du film, véritable gifle visuelle. Le charismatique Karl Glusman tient le seul rôle masculin positif dans cet océan de lâcheté et de corruption – clin d’œil assumé à Noé puisque l’acteur est le héros de Love, le dernier Gaspar Noé en date et que Vincent Maraval coproduit les deux films. La beauté de la mise en scène tient à sa photo incroyable signée par la jeune Natasha Braier ainsi qu’à ses cadres magnifiquement composés avec le cinéaste. Intelligent, The Neon Demon n’est pas pour autant programmatique et le scénario suit une logique d’assimilation primitive des corps, à l’opposé de tout intellect. Métaphore du culte de la beauté jusqu’au ridicule, de l’anorexie forcée de certains mannequins, de la vanité qui triomphe dans ce monde-là et de l’aliénation narcissique de notre époque, The Neon Demon (ainsi que sa musique électro extraordinaire toujours signée Cliff Martinez) se place d’ores et déjà au panthéon d’un cinéaste qui ne cesse d’expérimenter et de surprendre. Avec Drive et The Neon Demon, Nicolas Winding Refn montre deux facettes de Los Angeles mais aussi deux visions fétichistes de l’acteur, au corps subtilement érotisé.

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