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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Primé à Sundance et Gérardmer, The Witch, le premier film de Robert Eggers, joue avec les codes du film d’horreur et les contes populaires sur les pionniers. La mise en scène magnifique et le travail minutieux sur le décor ne suffisent pas toujours à combler les lacunes du scénario mais ce premier film ne manque pas de qualités.

"The Witch", un film de Robert Eggers

1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation, menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

 

 

La chasse aux sorcières en Amérique, notamment dans la désormais célèbre ville de Salem, a inspiré de nombreux récits. Pour son premier long-métrage, Robert Eggers a puisé dans des archives datant de plusieurs décennies avant l’affaire de Salem, au début du XVIIème siècle, et dont il s’est inspiré pour l’écriture du scénario de The Witch. Dans un décor apparemment très éloigné de nous, le film aborde pourtant des thématiques très contemporaines : le fanatisme religieux et la peur de l’inconnu.

 

Dès les premières images, on comprend que The Witch va sortir du tout venant des films d’horreur qui se déversent sur les écrans du monde entier chaque année. La photographie ultra léchée est pourtant d’une apparente simplicité, comme s’il ne s’agissait que de lumière naturelle et de bougies, en rapport avec le mode d’éclairage de l’époque. Pendant 90 minutes, on ne pourra qu’admirer cette photo (signée Jarin Blaschke) ainsi que la mise en scène somptueuse de Robert Eggers, dosant plutôt bien le mystère et s’appuyant sur des acteurs remarquables. Soumission aveugle à la parole divine, figure paternelle double (Dieu et le père « géniteur ») et écrasante, peur de s’aventurer dans la forêt peut-être hantée, le propos sur les racines du puritanisme est intelligent et traversé d’idées visuelles épatantes (notamment un bouc qui se cabre, de toute beauté). On regrette d’autant plus que le scénario n’aille pas au bout de ses promesses avec une fin un peu gadget et qui accumule les effets là où le film restait justement parfaitement équilibré. Une belle promesse tout de même et un regard assurément singulier.

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