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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pascal Bonitzer orchestre un chassé-croisé autour du monde de la finance dans son nouveau film choral, Tout de suite maintenant. Une comédie acide sur notre époque mais qui ne tient pas toutes ses promesses malgré une interprétation magistrale.

"Tout de suite maintenant", un film de Pascal Bonitzer

Nora Sator, jeune trentenaire dynamique, commence sa carrière dans la haute finance. Quand elle apprend que son patron et sa femme ont fréquenté son père dans leur jeunesse, elle découvre qu’une mystérieuse rivalité les oppose encore. Ambitieuse, Nora gagne vite la confiance de ses supérieurs mais entretient des rapports compliqués avec son collègue Xavier, contrairement à sa sœur Maya qui succombe rapidement à ses charmes… Entre histoires de famille, de cœur et intrigues professionnelles, les destins s’entremêlent et les masques tombent.

 

 

Scénariste régulier de Téchiné, Rivette ou Raoul Ruiz, Pascal Bonitzer a entamé dans les années 90 une carrière de réalisateur tardive mais intéressante, avec notamment Rien sur Robert, Petites coupures ou le récent Cherchez Hortense. Avec Tout de suite maintenant, le cinéaste puise encore une fois son inspiration dans l’air du temps et s’est intéressé à la notion du temps dans notre société moderne : « Pour moi, l’esprit de notre temps, c’est ce que la finance appelle le principe TDSM (Tout De Suite Maintenant) d’où le titre – qui correspond à cette mainmise relativement récente de la finance sur le capitalisme d’entreprise. La finance n’attend pas, il lui faut des résultats et du gain tout de suite. Cette mentalité se retrouve un peu dans tous les domaines : être célèbre tout de suite, riche tout de suite, trouver la femme ou l’homme de sa vie, ou le plan cul tout de suite… »

 

Dans des décors froids, qu’il s’agisse de l’entreprise ou de la maison de son patron, Pascal Bonitzer installe un film choral plus sombre qu’il n’y paraît, profondément désespéré et baigné dans le monde vénéneux de la finance. Loin de Wall Street et de l’agitation des marchés, nous sommes ici dans l’univers des placements et des fonds d’investissement – avec leurs codes et leurs habitudes. Autour de Nora (Agathe Bonitzer, toujours excellente), gravitent des personnages qui existent tous très librement : le père écrasant et hanté par une humiliation passée que l’on découvre d’une très belle manière vers la fin (Jean-Pierre Bacri), la femme et ancienne amante qui a trouvé dans l’alcool un refuge contre la haine de soi (Isabelle Huppert, étonnante ici) ou deux patrons à couteaux tirés (Lambert Wilson et Pascal Gréggory). L’humour grinçant porté par ce casting haut de gamme est le point fort d’un film qui ne parvient pourtant pas à séduire autant qu’il le laissait promettre, engageant sans raison des pistes foireuses (le vaudou) et peinant à en conclure d’autres (le destin des patrons de Nora). Une semi-réussite, donc.

 

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