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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Florian Gallenberger s’intéresse dans son nouveau film, Colonia, à un pan méconnu du coup d’Etat militaire chilien de 1973. Emma Watson et Daniel Brühl portent ce drame fascinant dans une mise en scène un peu académique.

"Colonia", un film de Florian Gallenberger

Chili, 1973. Le Général Pinochet s'empare du pouvoir par la force. Les opposants au coup d'Etat descendent dans la rue. Parmi les manifestants, un jeune couple, Daniel photographe et son ami Lena. Daniel est arrêté par la nouvelle police politique. Il est conduit dans un camp secret, caché dans un lieu reculé au sein d'une secte dirigée par un ancien nazi. Une prison dont personne n'est jamais sorti. Pour retrouver son amant, Lena va pourtant rentrer dans la Colonia Dignidad.

 

 

Le 11 septembre 1973, le président chilien Salvador Allende est renversé (il se suicidera dans la même journée) par un coup d’Etat militaire sous le commandement du général Pinochet. Si ce fait est bien connu, la « Colonia Dignidad » l’est moins. Colonie agricole fondée en 1961 par Paul Schäfer, un ancien nazi, la Colonia Dignidad va venir en aide aux généraux – puis à la dictature de Pinochet – en enfermant et torturant les opposants politiques sous couvert de campement religieux (où les hommes et les femmes sont séparés et les enfants violés). Florian Gallenberger s’est emparé de ce sujet pour mettre en scène un mélodrame historique avec un couple luttant pour fuir cet enfer.

 

La reconstitution historique n’échappe pas à quelques écueils (tout le monde parle anglais, les personnages sont parfois caricaturaux, la mièvre romance prend parfois le dessus) et la mise en scène de Gallenberger est sans éclat. Néanmoins, la force du sujet et l’interprétation des acteurs rendent l’ensemble assez captivant. Au-delà du couple romanesque formé par Emma Watson et Daniel Brühl, ce qui fascine dans Colonia, c’est la démonstration de cette collusion, encore très active trente ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, entre d’anciens nazis qui ont trouvé refuge en Amérique du Sud et des pouvoirs totalitaires, ici celui de Pinochet, qui les protègent. Pédophilie, torture, séquestration, la secte menée par Paul Schäfer (remarquablement interprété par Michael Nyqvist) poursuivra ses ignominies pendant des décennies et, malgré la révélation de son existence par la presse étrangère, sera protégée par le régime de Pinochet et même un peu plus tard jusqu’à la fuite de Schäfer en 1997. Le film, s’il s’appuie un peu trop sur l’histoire d’amour, témoigne de ce passé trouble et il est intéressant de voir que c’est un réalisateur allemand qui continue d’expurger cet héritage terrible de la première moitié du XXème siècle. En dépit de son académisme, Colonia reste un témoignage important.

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Perros 02/08/2016 00:32

Ouf ! Enfin une critique objective. Je cherche en vain une critique totalement convaincu par le film ?...

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