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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Le premier long-métrage de Sébastien Marnier, Irréprochable, met en scène Marina Foïs dans un thriller inquiétant, entre suspense et chronique sociale. Réalisation impeccable et interprétation en or : une réussite éclatante.

"Irréprochable", un film de Sébastien Marnier

Sans emploi depuis un an, Constance revient dans sa ville natale quand elle apprend qu’un poste se libère dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière, mais son ancien patron lui préfère une autre candidate plus jeune. Constance est alors prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne.

 

 

Marina Foïs, issue de la célèbre bande des Robins des Bois, s’était une première fois illustrée dans un rôle dramatique fort avec Darling (Christine Carrière, 2007). Dans le premier film de Sébastien Marnier, l’actrice tient enfin le grand rôle de sa filmo, un rôle qu’elle qualifie elle-même d’au-delà de toutes ses espérances. Le jeune réalisateur, déjà auteur de romans et d’un spectacle pour Marianne James, nourrit une fascination pour les personnages borderline : « Je suis très touché par ces personnages dont j’aime trouver l’humanité derrière la folie et c’est à travers eux que je me sens le plus à ma place pour parler des violences du monde. En fait, Irréprochable parle de la société comme d’un naufrage collectif, mais c’est avant tout une tragédie personnelle. »

 

Situer le film dans une paisible ville de province à l’architecture bourgeoise rappelle la manière dont Chabrol faisait surgir l’horreur ou l’étrangeté dans un cadre a priori chaleureux. Sébastien Marnier place son premier film sur un fil entre chronique sociale (chômage, précarité) et thriller psychologique – Marina Foïs est admirable dans un rôle complexe, à la fois attachant et insaisissable, parfois drôle et soudainement terrifiant. Le scénario, qui réserve son lot de surprises, offre des moments d’humour inattendus (Marina Foïs excelle dans ce registre d’un humuor à froid) et le réalisateur a l’intelligence de ne pas verser dans l’explication psychologique, mais de livrer pêle-mêle des éléments que le spectateur pourra relier à sa guise. Le film interroge la violence dans le milieu du travail mais dresse aussi le portrait d’une femme souvent humiliée (les personnages masculins sont tous lâches et plutôt retors) qui peut, en un clin d’œil, basculer dans la folie la plus insondable. Sur une musique géniale du groupe Zombie Zombie, Sébastien Marnier signe l’un des meilleurs premiers films de l’année.

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