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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Présenté à Cannes 2016, le premier long-métrage de Michael Dudok de Wit, La Tortue Rouge, a fait sensation recevant le Prix Spécial dans la section Un Certain Regard qui l’accueillait. Une animation sublime, un sujet universel et une immense poésie habitent ce projet ambitieux.

"La Tortue Rouge", un film de Michael Dudok de Wit

À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

 

 

Si La Tortue Rouge est le premier long-métrage de Michael Dudok de Wit, le cinéaste néerlandais n’est pourtant pas un débutant. Ses courts-métrages Le Moine et le Poisson (1994) et Père et Fille (2000) ont reçu les honneurs, ce dernier couronné d’un Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2001. Ce nouveau projet, de longue haleine, est initié en 2006 par les mythiques studios Ghibli. Le géant japonais n’avait jamais collaboré avec des artistes étrangers et La Tortue Rouge est donc une grande première. Après des années de préparation et de réécriture, notamment avec Pascale Ferran, le film voit enfin le jour en 2016 sous pavillon français.

 

Techniquement, le film est une merveille, un mélange de numérique et de travail au fusain. Sans aucun dialogue pendant 1h20, la musique tient une place prépondérante. C’est Laurent Perez del Mar qui compose une partition sur mesure, à la fois simple et très lyrique, dans l’esprit des productions de Miyazaki, notamment Princesse Mononoke ou Ponyo sur la falaise. Loin des explosions de couleurs des productions américaines, le film de Michael Dudok de Wit est d’une épure audacieuse, s’engageant même parfois dans le monochrome pour des séquences oniriques de toute beauté. Le scénario est simple et métaphorique – l’existence humaine, son rapport avec la nature – mais souvent surprenant. Le film s’éloigne vite des débuts très « Robinson Crusoe » pour donner autre chose à voir que la lutte d’un homme pour sa survie et son désir de quitter l’île – il y passera sa vie entière. Le cinéaste s’autorise l’humour (les adorables petits crabes) et même la sensualité dans cette vie à deux (la tortue devient femme, comme dans les légendes d’Extrême-Orient) puis à trois (un enfant naît). Un sommet de poésie et de raffinement pour un spectacle qui ravira petits et grands.

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