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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son deuxième passage derrière la caméra, l’actrice-réalisatrice Maria Schrader s’intéresse avec Stefan Zweig, adieu à l’Europe aux dernières années de la vie du célèbre auteur autrichien. Un film passionnant et admirablement mis en scène.

"Stefan Zweig, adieu à l'Europe", un film de Maria Schrader

En 1936, Stefan Zweig décide de quitter définitivement l'Europe. Le film raconte son exil, de Rio de Janeiro à Buenos Aires, de New York à Petrópolis.

 

 

Vue récemment dans l’excellente série allemande Deutschland 83, Maria Schrader n’est pas une débutante. A 50 ans, elle a une longue carrière d’actrice outre-Rhin et livre sa deuxième réalisation, un biopic original de Stefan Zweig qui s’intéresse à quelques moments apparemment anodins mais pourtant importants des dernières années de la vie de l’écrivain, passées en Amérique.  

 

Le film est pensé en plusieurs actes avec un prologue et un épilogue. L’ouverture, un plan-séquence fixe, nous plonge dans le déroulement d’une cérémonie au Brésil en hommage à Zweig, reçu et célébré par des diplomates et intellectuels de nombreux pays. Maria Schrader a voulu que le film reprenne « des moments clé qui se joueraient en temps réel ». La caméra suit l’auteur au cours de ses voyages et des célébrations qu’il semble subir, comme déjà absent, comme si son suicide en février 1942 n’était que la conclusion d’un retrait progressif du monde entamé à son départ d’Europe au milieu des années 30. Apparemment anodines, ces réceptions en Amérieque du Sud en disent long sur la personnalité complexe de Zweig. La mise en scène de Maria Schrader est précise et formidable. Chaque chapitre est interrompu brutalement, au beau milieu d’une conversation ou d’une action, comme pour renforcer cette sensation d’instantanés saisis au vol. Comme il s’est ouvert, le film se referme sur un plan-séquence fixe qui s’avère être une véritable leçon de mise en scène, avec un split-screen intégré matériellement dans le décor grâce à un jeu de miroir. Formellement original, ce biopic évite les écueils habituels et se concentre sur le déracinement, l’épuisement et le détachement d’un homme qui voit le monde qu’il a connu se dérober sous ses yeux. La belle surprise de la semaine.

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