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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Ira Sachs signe avec Brooklyn Village la chronique mélancolique d’une adolescence chamboulée par l’irruption brutale des préoccupations adultes. Grand Prix – mérité – au Festival de Deauville 2016.

"Brooklyn Village", un film de Ira Sachs

Une famille de Manhattan hérite d'une maison à Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les relations sont d'abord très cordiales, notamment grâce à l'insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Mais le loyer de la boutique s'avère bien inférieur aux besoins des nouveaux arrivants. Les discussions d’adultes vont bientôt perturber la complicité entre voisins.

 

 

Depuis une vingtaine d’années et sept longs-métrages, Ira Sachs a su se faire un nom dans le paysage du cinéma indépendant américain, notamment grâce aux succès de ses deux derniers films, Keep the lights on et Love is strange. Renommé Brooklyn Village pour le marché français, Little Men (son titre original, bien plus parlant) est centré sur un duo d’adolescents que tout oppose mais qui vont pourtant nouer une amitié fusionnelle – qui sera mise à mal par l’ingérence de leurs parents dans un conflit financier.

 

On retrouve dès les premières minutes de ce film ce qui fait la particularité des films d’Ira Sachs, cette délicatesse et cette capacité à exprimer une forte émotion en un plan, sans forcément de dialogues. La manière dont Jake apprend la mort de son grand-père est bouleversante. En plein cœur de Brooklyn, représentation parfaite de la gentrification à New York, Ira Sachs tisse une de ces amitiés adolescentes dont l’intensité soudaine n’est possible qu’à cet âge entre deux jeunes garçons qui n’ont a priori rien en commun. Tony est extraverti, latino, hétérosexuel là où Jake est timide, blanc et probablement homosexuel. Mais, contrairement au monde des adultes, celui de l’enfance – les héros ont douze ans, à l’orée de l’adolescence – ne voit pas ces barrières sociales. Cependant, le cinéaste ne cède pas à un compromis doucereux et cette chronique solaire a son lot de cruauté, notamment dans la manière dont le conflit est finalement évacué ou l’ultime séquence, entre déterminisme social et possible prise de conscience politique dans l’évolution de l’un des deux personnages. Ira Sachs livre un film subtil, sensible et magnifiquement interprété par deux débutants convaincants (Michael Barbieri et Theo Taplitz) et la star chilienne Paulina Garcia, appréciée en 2014 dans le très beau Gloria.

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