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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Après un excellent film de prison, David Mackenzie signe, au grand air, Comancheria, un western moderne dans un Texas touché de plein fouet par la crise. Une belle réussite.

"Comancheria", un film de David Mackenzie

Après la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec son propre argent. À leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.

 

 

Dans son excellent précédent film, Les poings contre les murs, David Mackenzie centrait son action dans le huis clos d’une prison. Pour sa première expérience hollywoodienne, le cinéaste britannique s’attaque à un genre typiquement américain, le western, et lui apporte une grande modernité par son approche contemporaine et sa brillante mise en scène. Evitant pas mal de clichés, ce western est particulièrement moderne dans son approche nuancée des personnages, loin du manichéisme qui s’attache parfois à ce genre. « Ce qui m'a intéressé dans ce projet, c'est qu'il met en scène ce que j'appelle la 'criminalité rédemptrice', autrement dit, il s'attache à des personnages honnêtes qui transgressent la loi pour des raisons légitimes » souligne Mackenzie.

 

Le titre – pour le marché français – fait référence à la région habitée par le peuple amérindien Comanches au XIXème siècle, à cheval sur ce qui est aujourd’hui le Texas et le Nouveau-Mexique. L’étymologie de « comanche » nous ramène à ce qui est le motif principal du film : « ceux qui nous combattent toujours ». On peut l’entendre en deux sens. Les deux frères entrent en criminalité pour combattre un système bancaire qui a confiné leur famille dans la pauvreté depuis des générations. Et l’on peut aussi penser à ce « Texas Ranger » incarné magnifiquement par Jeff Bridges qui poursuit, inlassablement, alors même qu’on le pousse à prendre sa retraite, ceux qu’il considère comme les ennemis de l’Amérique. Attachant, ce flic pas ordinaire est un personnage truculent et les joutes verbales avec son adjoint apportent un humour bienvenu au film. Sur un scénario relativement classique, David Mackenzie réussit à dénoncer vertement le système bancaire et à mettre en évidence quelques-unes des raisons qui ont conduit de nombreux Américains dans une impasse économique, sans oublier les principaux attraits du western – des grands espaces subliment éclairés, une histoire de vengeance et une musique country envoûtante (signée Nick Cave et Warren Ellis). La belle surprise de la rentrée.

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