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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Tran Anh Hung adapte avec son sixième long-métrage, Eternité, le roman d’Alice Ferney, L’élégance des veuves. Si l’idée d’un long poème cinématographique est séduisante, son exécution est laborieuse et suscite l’ennui pendant près de deux heures.

"Eternité", un film de Tran Anh Hung

Quand Valentine se marie à 20 ans avec Jules, nous sommes à la fin du 19e siècle. À la fin du siècle suivant, une jeune Parisienne, l’arrière-petite-fille de Valentine, court sur un pont et termine sa course dans les bras de l’homme qu’elle aime. Entre ces deux moments, des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, s’étreignent durant un siècle, accomplissant ainsi les destinées amoureuses et établissant une généalogie… Une éternité…

 

 

Réfugié en France à l’âge de 13 ans, le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hung a frappé fort dès son très beau premier film, L’odeur de la papaye verte, Caméra d’or à Cannes 1993. Après avoir adapté Murakami, le cinéaste s’attaque à un best-seller d’Alice Ferney, L’élégance des veuves. Pour ce projet, il fait le choix (radical et donc intéressant) de ne quasiment pas filmer de séquences dialoguées mais plutôt des moments représentant le cours de la vie, de générations en générations. « Il n’y a quasiment pas de scènes dans le film, mais seulement des situations esquissées qui passent, qui s’écoulent, entrainées inexorablement par le temps » se justifie Tran Anh Hung.

 

Dès les premières minutes, une chose est sûre : les images sont sublimes. Et pour cause, puisque c’est le directeur photo star Mark Lee Ping Bin qui est aux commandes – on lui dit notamment la lumière de In the mood for love ou The Assassin de Hou Hsiao Hsien. L’intrigue débutant à la fin du XIXème, l’image, impressionniste, est belle comme une toile de Monet ou Renoir (dont le biopic réalisé par Gilles Bourdos a d'ailleurs été éclairé par le même chef op). Passée cette considération, le parti pris intéressant au départ se mue en véritable pensum et le spectacle de cette généalogie devient rapidement insupportable, souvent drôle malgré lui et passablement kitsch. Les acteurs en roue libre évoluent dans le décor, ne sachant que faire, rient, pleurent et se regardent bêtement dans un flot d’images censées évoquer le cours de la vie. Bien nommé, ce film semble effectivement durer une éternité.

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