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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Avec son seizième long-métrage, Frantz, en compétition à la Mostra de Venise, François Ozon nous plonge dans une Allemagne à peine sortie de la Grande Guerre. Un drame élégant et admirablement mis en scène.

"Frantz", un film de François Ozon

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

 

 

Après trois films contemporains, François Ozon revient au film d’époque et s’inspire d’un film de Ernst Lubitsch (Broken Lullaby) lui-même adapté d’une pièce de Maurice Rostand. Aux côtés de Pierre Niney, il révèle une jeune actrice allemande épatante, Paula Beer, qui n’est pas sans rappeler Romy Schneider dans la mélancolie de son regard et la beauté de son phrasé germanique quand elle parle français. François Ozon a su se réinventer régulièrement depuis une vingtaine d’années. De drames somptueux (Sous le sable, 5x2, Le temps qui reste) en comédies déjantées (Huit femmes, Potiche) en passant par des projets plus expérimentaux (Ricky), le cinéaste semble avoir acquis depuis trois films (Dans la maison, Jeune et jolie, Une nouvelle amie) une maîtrise totale, délaissant certains tics, s’autorisant des audaces formelles tout en conservant une grande force narrative.

 

Avec Frantz, Ozon confirme cette bonne forme et met en scène un drame intime qui mêle petite et grande histoires. Dans cette petite ville de Quedlinburg, les Allemands à peine défaits vouent une haine profonde au peuple français et quand le jeune Adrien (Pierre Niney) vient se recueillir sur la tombe d’un soldat allemand tombé au front, il ravive des douleurs encore récentes. Entre amours déçues, deuil impossible et espoirs fébriles, le film nous parle, en creux, d’un sujet tellement d’actualité : la peur (la haine ?) de l’étranger. François Ozon parvient à enlacer politique et romance en gagnant sur les deux tableaux. Quant à la mise en scène, elle mise sur la sobriété, une photo magnifique et quelques très bonnes idées comme ce passage du noir et blanc à la couleur au gré des émotions des personnages. Un mélodrame qui évite le pathétique et bouleverse jusque dans ses derniers instants.

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