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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son premier long-métrage, La danseuse, Stéphanie Di Giusto s’inspire de la vie tumultueuse de Loïe Fuller, vedette atypique dans le Paris de la Belle Epoque. Soko incarne brillamment ce personnage dans un film inégal.

"La danseuse", un film de Stéphanie Di Giusto

Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

 

 

Oubliée après sa mort en 1928, Loïe Fuller est une danseuse américaine qui a fait sensation à Paris pendant la Belle Epoque avec sa Serpentine Dance – immortalisée en son temps par les frères Lumière (voir en bas de page). Pour son premier film, Stéphanie Di Giusto a voulu évoquer ce personnage hors du commun en prenant toutefois des libertés avec la réalité – lui inventant un père pionnier français chercheur d’or dans l’Ouest américain et gommant son homosexualité.

 

Après un démarrage étonnant et tonitruant dans l’Ouest américain, le film se déroule dans le Paris de la fin du XIXème où il prend un rythme de croisière un peu ennuyeux avec les passages obligés du biopic sur l’artiste méconnu. Soko est remarquable dans ce rôle, effectuant elle-même les sidérantes chorégraphies de Loïe Fuller (les meilleurs moments du film). Affinant son art dans une quête du beau au détriment de sa santé (elle se brise le dos et se brûle les yeux à la lumière des puissants projecteurs), « la Fuller » épate un public peu habitué à la modernité. Sa rencontre avec Isadora Duncan est le tournant de sa vie : sa protégée la supplante immédiatement par sa grâce naturelle là où Fuller a dû s’entraîner de manière surhumaine. Injustice inhérente à l’art. La furtive apparition de Lily-Rose Depp dans ce rôle a le même effet – elle éclipse tout le reste du casting par son charisme extraordinaire et « la danseuse » au final, c’est elle. Le film se perd en cours de route mais Stéphanie Di Giusto offre des séquences dansées d’une irradiante beauté.

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