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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour sa quatrième réalisation, Le ciel attendra, Marie-Castille Mention-Schaar aborde le sujet délicat (et d’actualité) de la radicalisation religieuse à l’âge sensible de l’adolescence. Un film à forte teneur documentaire, parfois maladroit mais globalement passionnant.

"Le ciel attendra", un film de Marie-Castille Mention-Schaar

Sonia, 17 ans, a failli commettre l'irréparable pour "garantir" à sa famille une place au paradis. Mélanie, 16 ans, vit avec sa mère, aime l'école et ses copines, joue du violoncelle et veut changer le monde. Elle tombe amoureuse d'un "prince" sur internet. Elles pourraient s'appeler Anaïs, Manon, Leila ou Clara, et comme elles, croiser un jour la route de l'embrigadement… Pourraient-elles en revenir ?

 

 

Déjà, dans son précédent film, Les héritiers, Marie-Castille Mention-Schaar s’intéressait à la jeunesse française. Pour Le ciel attendra, la réalisatrice a suivi Dounia Bouzar (qui joue son propre rôle), directrice de l’association CPDSI (Centre de Prévention contre les Dérives Sectaires liées à l’Islam), dans son combat pour « sauver » les jeunes de l’embrigadement par Daesh. Loin d’être un fait isolé et cantonné aux zones urbaines dites difficiles, ce phénomène touche toutes les classes de la population. Les deux héroïnes (brillamment incarnées par Noémie Merlant et Naomi Amarger) sont un condensé des situations observées par la réalisatrice lors de son enquête.

 

Dès la séquence d’ouverture, le spectateur est plongé dans le vif du sujet avec des parents complètement paumés suite à la radicalisation de leur ado. La confusion entre fiction et documentaire, renforcée par la présence de Dounia Bouzar herself face aux acteurs, est le point fort de ce nouveau film. Les témoignages édifiants et l’immersion dans le processus pervers d’embrigadement mis en place par Daesh font froid dans le dos. Les jeunes filles (privilégiées comme vues comme des génitrices de futurs djihadistes) ne sont pas forcément issues de milieu défavorisés mais en perte de repères et d’illusions face à une société qui ne semble offrir aucune perspective ni aucune transcendance. En dépit de maladresses (le ton, didactique, ne fait pas toujours dans la nuance), le film est passionnant dans la manière dont il montre, en parallèle, le processus d’embrigadement et les méthodes de radicalisation de Dounia Bouzar – on rêve d’un documentaire entièrement consacré à cette anthropologue.

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