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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Après La cour de Babel, Julie Bertucelli livre un nouveau documentaire, Dernières nouvelles du cosmos, dans lequel elle suit une jeune femme autiste étonnante. Si le personnage est fascinant, le film, inégal, peine à séduire sur la longueur.

"Dernières nouvelles du cosmos", un film de Julie Bertucelli

A bientôt 30 ans, Hélène a toujours l’air d’une adolescente. Elle est l'auteure de textes puissants à l’humour corrosif. Elle fait partie, comme elle le dit elle-même, d’un « lot mal calibré, ne rentrant nulle part ». Visionnaire, sa poésie télépathe nous parle de son monde et du nôtre. Elle accompagne un metteur en scène qui adapte son œuvre au théâtre, elle dialogue avec un mathématicien... Pourtant Hélène ne peut pas parler ni tenir un stylo, elle n’a jamais appris à lire ni à écrire. C’est à ses 20 ans que sa mère découvre qu'elle peut communiquer en agençant des lettres plastifiées sur une feuille de papier. Un des nombreux mystères de celle qui se surnomme Babouillec…

 

 

Documentariste chevronnée, Julie Bertucelli a également signé deux fictions (Depuis qu’Otar est parti… et le très beau L’Arbre). Deux ans après son merveilleux film La Cour de Babel, la réalisatrice s’est intéressée à Hélène Nicolas, une jeune femme de trente ans, autiste et auteur de texte déconcertants sous le pseudo de Babouillec SP. SP, c’est pour Sans Parole car Hélène ne parle pas – à peine lâche-t-elle quelques mots çà et là – mais s’exprime à l’écrit dans une langue soutenue et poétique.

 

Le visage enfantin de l’héroïne tranche avec la profondeur de ses textes, pierre angulaire de ce documentaire qui démarre sur la répétition d’un spectacle où sont lus ses mystérieux écrits. Passée la surprise de découvrir le système qu’a trouvé sa mère pour lui permettre de composer des phrases, le film fait du surplace et l’intérêt que l’on porte à Hélène ne suffit pas à susciter véritablement l’intérêt pendant 90 minutes, en dépit d’une séquence passionnante de rencontre avec le « mathématicien existentiel » Laurent Derobert au cours de laquelle la réalisatrice veut montrer que « l’autisme n’est pas synonyme d’enfermement mais d’une connexion profonde avec le mystère du monde ». Pour convaincre vraiment, il faudrait que la mise en scène (trop banale) compense ce mystère, qui confine ici au simple manque d’explications.

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