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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Olivier Babinet a suivi des adolescents de banlieue parisienne pendant plusieurs mois. Cela donne Swagger, un documentaire original qui redonne des couleurs au « 93 » et délaisse les clichés habituels sur les jeunes de banlieue. Swag !

"Swagger", un film de Olivier Babinet

Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes, qui grandissent au cœur des cités les plus défavorisées de France. Le film nous montre le monde à travers leurs regards singuliers et inattendus, leurs réflexions drôles et percutantes. En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, jusqu’à la comédie musicale et la science-fiction, Swagger donne vie aux propos et aux fantasmes de ces enfants d’Aulnay et de Sevran. Car, malgré les difficultés de leur vie, ils ont des rêves et de l’ambition. Et ça, personne ne leur enlèvera.

 

 

Révélé à la fin des années 90 avec sa série Le Bidule, Olivier Babinet a réalisé son premier long-métrage (de fiction) en 2010 (Robert Mitchum est mort) avant de se lancer dans une collaboration avec des collégiens d’Aulnay-sous-Bois avec lesquels il réalise une demi-douzaine de courts-métrages. De cette rencontre est né le projet Swagger, un documentaire original dans sa forme et qui a l’immense intérêt de montrer une image nouvelle de la banlieue parisienne, loin des clichés des journaux télévisés.

 

Parmi les ados présents dans le film, certains sont naturellement cinégéniques, notamment l’inénarrable Régis, passionné de mode qui refuse le look jogging / baskets et ne s’affiche jamais qu’en nœud pap ou costume cintré. Il y a aussi la timide Naïla, qui déteste Barbie et Mickey et voudrait devenir architecte pour construire en banlieue des logements tels qu’elle les rêverait, tels qu’elle aimerait les occuper. Les entretiens classiques face caméra sont entrecoupés de séquences scénarisées (l’hilarante arrivée de Régis en tenue de soirée relève du défilé de mode autant que du clip de Beyoncé) et de plans d’écoute qui se répondent intelligemment. Les ados parlent de politique, de religion, d’exclusion, de pauvreté mais aussi de leurs rêves, de leurs aspirations ou s’interrogent sur leur place dans la société (« Ca veut dire quoi, Français de souche ? »). Passionnant dans le fond, original dans sa forme, ce film est une pépite pop dans l’univers souvent plombé du « documentaire sociétal ». Ces « fanfarons » (swagger, en anglais) sont aussi l’avenir de la France et c’est tant mieux.

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