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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Les documentaristes Bentley Dean et Martin Butler signent avec Tanna leur première fiction, un drame interprété par des acteurs non-professionnels. Un film intense et passionnant inspiré de faits réels qui rappellent à s’y méprendre l’histoire de Roméo et Juliette.

"Tanna", un film de Bentley Dean et Martin Butler

Dans l'une des dernières tribus traditionnelles du monde, une jeune fille rompt son mariage arrangé pour s'enfuir avec l'homme qu'elle aime. Les amoureux déclenchent ainsi une guerre qui menace leur clan. Tanna est l’histoire vraie qui bouleversa la vie des habitants d’une petite île du Pacifique et fit réviser la constitution d'un pays.

 

 

Quand Bentley Dean découvre l’île de Tanna, une des plus grandes îles du Vanuatu, en 2004, pour un reportage télévisé, le documentariste est tout de suite fasciné par cette petite terre au milieu de l’Océan Pacifique « faite de forêts tropicales denses, de plages de sable blanc et noir, et de plaines de cendre austères, mais [abritant] également l’un des éventails de systèmes de croyances les plus variés et uniques » selon ses mots. Quelques années plus tard, avec Martin Butler, il réalise une série sur l’histoire aborigène en Australie et les deux cinéastes décident de consacrer leur première fiction à une histoire vraie survenue dans les années 80 et qui bouleversa jusqu’à la constitution du pays.

 

Ce sont les habitants du village de Yakel eux-mêmes qui jouent dans ce film, qu’il s’agisse du véritable chef de village ou des « rôles de composition » et notamment les deux amoureux, Dain et Wawa (Mungau Dain et Marie Wawa, formidables et bouleversants). L’intrigue tragique digne de Roméo et Juliette est présente en filigrane mais ce qui intéresse les réalisateurs (formés au documentaire) est encore plus passionnant : observer la vie d’une communauté isolée du monde dit « moderne » avec ses propres lois et sa propre culture. La mise en scène simple et belle fait place à ces villageois, à leurs croyances, leurs conflits, leur beauté mais aussi leurs lâchetés – nous ne sommes pas ici dans un regard colonialiste de l’homme blanc sur les « bons sauvages ». Tanna est un film envoûtant, formellement très beau et qui apporte la lumière sur une culture dont on ne sait quasiment rien. Assurément l’une des belles surprises de cette fin d’année.

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