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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Dans le désert jordanien, le jeune réalisateur Naji Abu Nowar filme le récit d’apprentissage du jeune Theeb – qui donne son nom au film – dans une Péninsule Arabique sous occupation britannique pendant la Première Guerre Mondiale. Un premier long-métrage plein de qualités.

"Theeb - la naissance d'un chef", un film de Naji Abu Nowar

Péninsule Arabique, 1916, sous l'occupation britannique. Dans un campement bédouin, au cœur du désert, le jeune Theeb, 10 ans, vit avec son grand frère Hussein, qui lui transmet les traditions ancestrales. Une nuit, un officier britannique s'invite dans la communauté : Hussein accepte de le guider à la recherche d'un puits, sur la route de la Mecque. Mais Theeb refuse de se séparer de son frère et décide de les suivre à distance.

 

 

Naji Abu Nowar, jeune cinéaste britannico-jordanien né à Oxford avant de retourner à Amman à l’âge de 23 ans, a choisi de situer son premier film dans la Péninsule Arabique pendant la Première Guerre Mondiale, exactement au même moment que l’intrigue du film culte de David Lean Lawrence d’Arabie, tourné d’ailleurs au même endroit. C’est à cette époque de conflit que les bédouins se révoltent contre l’Empire Ottoman alors que les Britanniques construisent des lignes de chemin de fer qui transforment radicalement la vie des autochtones.

 

Tourné avec des acteurs non-professionnels issus des dernières tribus nomades de Jordanie, ce premier film tire profit de ses paysages hors du commun et s’inspire de l’esthétique des westerns de Sergio Leone ou John Ford. La mise en scène à hauteur d’enfant se concentre rapidement sur le jeune héros, Theeb, qui veut dire « loup » en langue bédouine et est considéré comme une divinité dans cette culture, symbole de force et de courage. Sur une intrigue assez simple, le réalisateur parvient à livrer quelque chose de très subtil sur l’apprentissage de la vie de ce garçon. Les conflits politiques, présents mais en arrière-plan, laissent place à un drame entre survie et tragédie shakespearienne. Une belle réussite couronnée par une nomination en février 2016 à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, représentant la Jordanie.

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