Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Rachid Djaïdani réunit Gérard Depardieu et le rappeur Sadek dans son nouveau film, Tour de France. Une fable pleine d’espoir, aussi pertinente que bouleversante, et un Depardieu toujours aussi fascinant.

"Tour de France", un film de Rachid Djaïdani

Far’Hook est un jeune rappeur de 20 ans. Suite à un règlement de compte, il est obligé de quitter Paris pour quelques temps. Son producteur, Bilal, lui propose alors de prendre sa place et d’accompagner son père Serge faire le tour des ports de France sur les traces du peintre Joseph Vernet. Malgré le choc des générations et des cultures, une amitié improbable va se nouer entre ce rappeur plein de promesses et ce maçon du Nord de la France au cours d’un périple qui les mènera à Marseille pour un concert final, celui de la réconciliation.

 

 

En 2012, Rachid Djaïdani surprenait avec Rengaine, un premier long-métrage autoproduit et tourné à l’arrache pendant près de dix ans. Dans un cadre de production plus conséquent et avec une star à l’affiche, ce deuxième long-métrage s’affiche pourtant dans la continuité de son prédécesseur, un hymne à la tolérance. Le rappeur Sadek (déjà quatre albums à son actif) est la révélation de ce film face à un Gérard Depardieu qui fascine (ou peut agacer, c’est selon) tant que chaque nouveau film semble être également, en creux, un documentaire sur cet acteur-monstre.

 

A la suite d’un quiproquo un peu forcé, Far’Hook, jeune rappeur parisien, est obligé de se « mettre au vert » dans le sud de la France et son producteur lui propose de conduire son père (Gérard Depardieu) dans un périple sous forme de promesse faite à son épouse décédée – aller peindre les ports de France sur les traces du peintre du XVIIIème siècle Joseph Vernet. Entre le sexagénaire vieux-jeu et raciste et le rappeur arabe, la tension est immédiate mais laisse place, peu à peu, à une certaine forme de respect – Far’Hook connaît Serge Lama, cite Baudelaire et s’avère posséder un œil aiguisé pour la peinture. Le film passe parfois par des séquences un peu consensuelles sur le « vivre-ensemble » mais ces petites maladresses sont balayées par l’interprétation remarquable et la tendresse infinie du regard du cinéaste. Les blessures du passé (un père brouillé avec son fils et un fils sans père) vont les réunir et « Gégé » nous terrasse lorsqu’il pleure de dos, pudique, en écoutant Le petit garçon de Serge Reggiani. Rien que pour cette scène d’anthologie, le film est grand.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog