Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Dans son nouveau film, L’ornithologue, Joao Pedro Rodrigues réinvente le mythe de Saint Antoine de Padoue. Une odyssée intérieure et symbolique fascinante, en pleine forêt portugaise.

"L'ornithologue", un film de Joao Pedro Rodrigues

Fernando, un ornithologue, descend une rivière en kayak dans l’espoir d’apercevoir des spécimens rares de cigognes noires. Absorbé par la majesté du paysage, il se laisse surprendre par les rapides et échoue plus bas, inconscient, flottant dans son propre sang.

 

 

Alors que le Centre Pompidou lui consacre une rétrospective, Joao Pedro Rodrigues livre son cinquième long-métrage, L’ornithologue, récompensé du prix du meilleur réalisateur au Festival de Locarno 2016. Avant de se tourner vers le cinéma, Rodrigues a étudié l’ornithologie, ce qui se ressent dans la première partie du film, très documentaire, volontairement tournée comme un docu National Geographic. Mais ce film va au-delà de sa belle mise en scène en reprenant de manière païenne le mythe de Saint Antoine, figure religieuse majeure au Portugal et saint patron de la ville de Lisbonne.

 

Au fil des rencontres (avec des randonneuses chinoises, un berger sourd-muet), Fernando se transforme, se déleste du matériel (comme Saint Antoine de Padoue), se dénude au propre comme au figuré, entre représentations religieuses détournées, sensualité charnelle et un dédoublement qui se précise. Le charismatique Paul Hamy, dont la voix est doublée par le réalisateur lui-même, finit par prendre la place de l’acteur petit à petit, donnant littéralement chair à la transformation du personnage de Fernando en Antonio. Le film aussi change de peau d’une séquence à l’autre, prenant les codes du survival movie, du western, du documentaire animalier, et ainsi de suite. Il est difficile de résumer ce film assez fascinant qui se vit plutôt comme une expérience, un peu comme Oncle Boonmee (Apitchapong Weerasethakul) ou un délire de David Lynch entre rêve et réalité. Joao Pedro Rodrigues propose un cinéma poétique et singulier, ce qui est une raison suffisante pour se laisser embarquer.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog