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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Après le biopic Imitation Game, Morten Tyldum se tourne vers la science-fiction pour son nouveau film, Passengers, avec Jennifer Lawrence et Chris Pratt. A des années-lumière de la Terre, un film passionnant et magnifiquement mis en scène – mais qui se perd un peu sur la fin.

"Passengers", un film de Morten Tyldum

Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…

 

 

Cinéaste norvégien, Morten Tyldum connaît en 2015 une reconnaissance mondiale (et de multiples nominations aux Oscars) avec son biopic plutôt agréable d’Alan Turing (Imitation Game). Deux ans plus tard, le voilà aux commandes d’une superproduction hollywoodienne avec Passengers, thriller SF qui nous emmène à des années-lumière de la Terre, dans un long voyage de plus d’un siècle qui va connaître une avarie de taille au bout de trente ans : deux passagers vont se réveiller avec 90 ans d’avance !

 

Le talent d’un cinéaste se révèle souvent à sa manière de filmer les séquences sans dialogue. A ce titre, Morten Tyldum réussit son pari puisque les vingt premières minutes, quasiment muettes, mettent brillamment en scène un voyageur solitaire réveillé avec 90 ans d’avance et qui comprend qu’il va passer sa vie entière dans ce vaisseau sans jamais voir l’arrivée. Jim (Chris Pratt) va découvrir tous les recoins du splendide vaisseau avant de comprendre qu’il s’agit de son futur cercueil, propulsé à pleine vitesse dans l’espace. Le réalisateur multiplie les clins d’œil à Stanley Kubrick (on pense à 2001 évidemment) jusqu’à reconstituer le bar de l’hôtel Overlook de Shining (jusqu’à la moquette) et son serveur – ici androïde – impavide façon Lloyd. Quand Jim est rejoint par une autre « lève-tôt », Aurora (Jennifer Lawrence, plus sensuelle que jamais), le film pose une autre question que celle de la solitude éternelle, mais tout aussi terrifiante : comment passer toute sa vie en compagnie d’une seule et unique personne ? Morten Tyldum s’acquitte remarquablement de ce tourment avant de céder, dans la dernière demi-heure, à une avalanche d’événements et d’effets spéciaux (réussis) qui tirent Passengers vers le tout-venant des blockbusters SF produits par Hollywood ces trente dernières années. C’est dommage, mais le film reste tout de même la belle surprise de cette fin 2016.

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