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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son deuxième long-métrage, Souvenir, le cinéaste belge Bavo Defurne confie à Isabelle Huppert le rôle d’une chanteuse déchue. La star française brille dans ce film étonnant, aux couleurs volontairement kitsch, et aussi drôle qu’émouvant.

"Souvenir", un film de Bavo Defurne

Une chanteuse oubliée, qui a autrefois participé à l'Eurovision, rencontre un jeune boxeur qui va la convaincre de tenter un come-back.

 

 

Après une dizaine de courts-métrages, Bavo Defurne se lance dans un premier long en 2011 (Sur le chemin des dunes) et signe avec Souvenir une histoire d’amour sur fond de renaissance. L’idée de départ vient d’un questionnement du cinéaste sur la célébrité : « Qu’est-ce que ça fait d’avoir été en pleine lumière et de se retrouver dans l’ombre ? Il y a beaucoup d’exemples de gens tombés dans l’oubli. Que deviennent-ils ? En Flandre, nous avons connu l’exemple frappant d’une chanteuse devenue vendeuse dans un magasin. Que faire lorsqu’on redevient anonyme ? C’est quelque chose qui me passionne. » L’affiche, signée Pierre & Gilles, résume parfaitement l’univers visuel du film, volontairement kitsch, et plein de références au cinéma hollywoodien des années 50, Douglas Sirk en tête.

 

Isabelle Huppert incarne Liliane, discrète employée dans une usine de pâté dont on devine la fêlure intérieure à sa solitude, son isolement (à la cantine, dans le bus) et sa vie sans éclat et répétitive, ses soirées se résumant à boire du whisky devant des jeux télévisés. Pourtant, un jeune boxeur, intérimaire dans l’usine de pâté, va révéler au grand jour qu’elle fut, quarante ans auparavant, candidate malheureuse à l’Eurovision, arrivant deuxième derrière ABBA, avant de faire une petite carrière soldée dans un divorce douloureux et l’oubli total. Le jeune homme (Kévin Azaïs, excellent) va se mettre en tête de relancer cette carrière brisée. Cette renaissance, Bavo Defurne la filme sans le souci de réalisme que l’on trouve dans le cinéma flamand récent mais avec une mise en scène atemporelle (rien ne définit vraiment l’époque, entre déco années 70, téléphones portables et musique rétro) et un goût prononcé pour le glamour. Les chansons de Pink Martini (que l’on retrouve sur le nouvel album du groupe, Je dis oui !) vont dans ce sens, notamment Joli garçon, véritable tube en puissance aux accents samba. Isabelle Huppert est parfaite, sexagénaire rompue et mélancolique aux emballements d’adolescentes et au regard de petite fille. Souvenir se savoure comme une sucrerie parfois acide et, au-delà de sa chronique de la célébrité, le film est l’antidote idéal à la morosité.

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